Contexte
L'affaire concerne un salon de massage situé dans le 11e arrondissement de Paris. Des poursuites ont été engagées contre la gérante, Nannapat R., pour traite d'êtres humains et travail dissimulé, et contre sa fille, Thanrawee R., pour complicité. Des réquisitions pénales ont été formulées en octobre 2025.
Recrutement et arrivée
Selon les informations présentées à l'audience, deux employées originaires de Thaïlande, Pranida Sopradit et Thanyakamon Pakdeewan, ont été contactées en 2023 via des groupes Facebook par la prévenue, qui leur a proposé un emploi en France. Elles auraient rejoint le territoire français à l'aide de passeurs, moyennant le paiement de sommes indiquées respectivement à 4 500 euros et 5 100 euros. Incapables de régler ces montants, des retenues sur leurs salaires ont été pratiquées pour rembourser ces sommes.
Hébergement et conditions de travail alléguées
La prévenue aurait fourni un hébergement facturé 250 euros par mois, décrit par les plaignantes comme un couchage "à même le sol ou sur une table de massage". Les salariées auraient travaillé entre cinq et sept jours par semaine, bénéficié de peu ou pas de congés, et perçu une rémunération qualifiée par l'inspection du travail de "25 % des sommes dues". Il est également indiqué que certaines salariées effectuaient le ménage sans rémunération.
Plusieurs employées ont déclaré avoir été soumises à des pratiques sexuelles non souhaitées et, dans au moins un cas selon la plainte, avoir subi une sanction financière après avoir refusé une demande d'acte sexuel. Des retenues sur salaire, la suppression d'une clef de travail et des menaces à l'encontre d'un proche ont été évoquées à la barre.
Moyens de contrôle et éléments de contrainte évoqués
Les parties civiles et le ministère public ont décrit un dispositif de contrôle comprenant, selon leurs éléments, la surveillance par caméras et des messages émis par la prévenue à l'adresse de ses salariées, cités lors de l'audience, formules telles que « il faut honorer ton employeur » ou « en te permettant de quitter la Thaïlande, je t’ai offert une nouvelle vie ». Les plaignantes ont déclaré s'estimer contraintes d'accepter ces conditions en raison de leur situation financière et de leur endettement.
Infractions reprochées et autres éléments
Outre les faits de traite d'êtres humains allégués, la gérante est poursuivie pour travail dissimulé concernant plusieurs dizaines de salariées sur une période de cinq ans et pour emploi d'étrangers sans titre de séjour. La défense a indiqué que la prévenue ne déclarait pas l'ensemble des salaires afin d'éviter des cotisations élevées.
La fille de la prévenue, Thanrawee R., a reconnu avoir eu connaissance de certains faits mais a nié exercer un rôle décisionnaire en invoquant la crainte d'un conflit familial. Elle a été jugée pour complicité.
Procédure et réquisitions
En octobre 2025, le ministère public a requis des peines contre la gérante et sa fille : une peine d'emprisonnement avec mandat de dépôt de quatre ans a été demandée à l'encontre de la gérante, et une peine d'un an de prison avec sursis a été requise contre la fille pour complicité. Le salon a été fermé administrativement au printemps 2025.
Antécédent judiciaire
La prévenue a fait l'objet d'une condamnation antérieure en 2015 pour des faits qualifiés de même nature, sanctionnée par une peine d'emprisonnement et une amende financière.








