Contexte de l'accident
Le 1er novembre 2024, l'auvent en béton de la gare de Novi Sad s'est effondré alors que la structure venait d'être réaménagée. Quatorze personnes sont mortes sur le coup, dont deux enfants. Deux personnes blessées sont décédées ultérieurement, portant le bilan à seize morts.
Déroulement de la commémoration
À la date anniversaire, des rassemblements ont eu lieu à Novi Sad et dans d'autres villes. La police a communiqué un chiffre de participation de 39 000 personnes; des estimations visuelles et des images aériennes ont évalué la participation à au moins 100 000 personnes, tandis que d'autres évaluations ont évoqué plusieurs dizaines de milliers. Des participants sont arrivés dès la veille. Les commémorations ont inclus un temps de silence de 16 minutes débutant à 11 h 52, des dépôts de fleurs et de bougies devant la gare, le lâcher de lanternes et le déploiement d'une banderole réclamant justice.
Mobilisation étudiante et manifestations
L'effondrement a déclenché un mouvement de contestation qui a été porté en grande partie par des étudiants. Ces derniers ont organisé des marches longues distance à travers le pays pour faire connaître leurs revendications. Les manifestants invoquent des soupçons de corruption liés aux chantiers publics et demandent des responsabilités pour l'accident. Certains médias proches du pouvoir ont décrit les manifestants selon des accusations publiques visant à contester leur légitimité.
Incidents, réponses et réactions politiques
Les rassemblements ont été majoritairement pacifiques, mais des heurts ont eu lieu au cours de l'été entre partisans du pouvoir et manifestants, entraînant plusieurs centaines d'arrestations. Le Parlement européen a adopté une résolution en soutien au droit de manifester pacifiquement et en condamnant ce qu'il a qualifié de répression d'État. La commissaire européenne à l'élargissement a exprimé que la tragédie avait conduit à une mobilisation en faveur de la responsabilité et de la liberté d'expression.
Au même moment que les commémorations publiques, le président Aleksandar Vucic et des membres du gouvernement ont participé à une cérémonie dans une basilique de Belgrade à laquelle assistaient plusieurs milliers de partisans. Dans une allocution récente, le président a déclaré regretter certains propos tenus et a présenté des excuses, appelant au dialogue, sans annoncer de consultations électorales anticipées exigées par une partie des manifestants.
Enquêtes judiciaires
Trois enquêtes ont été ouvertes après l'effondrement : une enquête sur les circonstances de l'accident, une enquête du parquet spécialisé dans la lutte contre le crime organisé et la corruption portant sur des soupçons de corruption liés aux travaux de rénovation, et une enquête du bureau du procureur public européen (EPPO) portant sur d'éventuels détournements de fonds européens. Mi-septembre, le parquet a demandé l'ouverture d'un procès visant treize personnes, dont deux anciens ministres. Les manifestants jugent ces procédures insuffisantes et réclament des poursuites et des sanctions supplémentaires.
Revendications et état des lieux
Les revendications formulées par les manifestants portent principalement sur l'établissement des responsabilités, la transparence des enquêtes, des mesures contre la corruption et, pour certains, la tenue d'élections anticipées. Les rassemblements commémoratifs ont maintenu la pression politique exercée depuis l'accident et ont continué de mobiliser un nombre significatif de citoyens préoccupés par ces questions.








