Synthèse
Un baromètre publié par UNICEF France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) indique qu'au moins 2 159 enfants étaient sans solution d'hébergement au moment d'un appel au 115 lors de la nuit du 18 au 19 août. Parmi eux, 503 avaient moins de trois ans. Le chiffre rapporté correspond à une augmentation de 6 % par rapport à l'année précédente et de 30 % par rapport à 2022.
Données du baromètre
Les données proviennent d'appels au 115, le numéro d'urgence pour les personnes sans abri, et constituent un relevé ponctuel à la date indiquée. Le baromètre signale une présence d'enfants sans abri sur l'ensemble du territoire, avec des concentrations plus élevées en Île-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Occitanie.
Méthodologie et limites des chiffres
Le décompte s'appuie sur les réponses fournies lors d'appels au 115. Les auteurs du baromètre précisent que ces chiffres sont sous-estimés : ils n'incluent pas les familles qui n'ont pas appelé le 115, ni celles logées dans des squats ou des bidonvilles. Les mineurs non accompagnés ne sont pas comptabilisés dans ce relevé. Par conséquent, le total rapporté constitue un minimum mesurable à partir de cette source.
Facteurs identifiés
Les organisations à l'origine du baromètre mettent en relation la hausse du nombre d'enfants sans abri avec la saturation des dispositifs d'hébergement d'urgence et une tension plus large sur le marché du logement. Elles identifient un déséquilibre entre la demande d'hébergement et les capacités disponibles.
Réponses et demandes des acteurs associatifs
UNICEF France, la FAS et d'autres associations appellent à des mesures d'investissement dans le logement social et dans l'hébergement d'urgence. Elles demandent la création de places supplémentaires : le collectif d'associations réclame la création de 10 000 places supplémentaires, dont 1 000 destinées aux femmes enceintes ou aux personnes sortant de maternité.
Cadre budgétaire et évaluation administrative
Un rapport conjoint publié en juillet par trois inspections générales évalue le programme d'hébergement d'urgence comme soumis à une sous-budgétisation et à un déficit de pilotage, ce qui limite sa capacité à répondre à l'ensemble des demandes. Selon les données citées, le programme d'hébergement d'urgence a représenté 2,3 milliards d'euros pour 203 000 places en structure d'hébergement généraliste en 2024, nombre indiqué comme stable depuis 2021.
Actions juridiques
En février, une vingtaine d'organisations ont déposé deux recours en justice contre l'État, alléguant une "carence fautive" dans la lutte contre le mal-logement. Ces procédures visent à obtenir des mesures supplémentaires de la part des autorités compétentes.
Observation finale
Les chiffres rapportés par le baromètre constituent un état des lieux ponctuel fondé sur les appels au 115 et sont considérés par leurs auteurs comme un minimum. Les limites méthodologiques et les évaluations administratives et associatives mentionnées dans le baromètre situent ce constat dans un contexte de tensions structurelles sur les politiques d'hébergement et de logement en France.