Contexte
Le 13 novembre 2025, l'Union européenne a ouvert une enquête visant Google, filiale d'Alphabet, pour établir si le groupe pénalise certains sites d'information dans les résultats de son moteur de recherche. L'enquête s'inscrit dans le cadre du Digital Markets Act (DMA), texte adopté en 2022 et appliqué depuis mars 2024.
Objet de l'enquête
La Commission européenne examine des mesures mises en place par Google pour lutter contre des techniques considérées comme du spam, utilisées par certains sites pour améliorer artificiellement leur classement. La Commission dispose d'indications selon lesquelles ces mesures entraîneraient une baisse du classement des sites d'information lorsqu'ils intègrent dans leurs pages des contenus provenant de partenaires commerciaux.
La Commission considère qu'un tel déclassement peut réduire l'audience des éditeurs concernés et, par conséquent, leurs revenus publicitaires.
Positions des parties
Google a défendu ses pratiques, indiquant que sa politique anti-spam vise à combattre des sites frauduleux promouvant, par exemple, des produits ou des arnaques financières via des liens insérés sur des sites réputés, et que l'abandon de ces règles pourrait nuire aux utilisateurs. Dans un message public, le groupe a averti que l'enquête pourrait « récompenser des mauvais acteurs et dégrader la qualité des résultats de recherche ».
La Commission a exprimé son intention de vérifier que les éditeurs de presse ne soient pas privés d'une source de revenus importante. Teresa Ribera, responsable de la Commission en matière de concurrence, a déclaré que l'enquête vise à protéger le financement des éditeurs de presse et leur liberté d'exercer leur activité. Henna Virkkunen, responsable du numérique à la Commission, a lié ces objectifs au maintien du pluralisme des médias.
Cadre juridique et sanctions possibles
L'enquête porte sur une éventuelle infraction aux obligations prévues par le DMA. Si la Commission conclut à une violation, elle peut infliger à Alphabet une amende pouvant atteindre 10 % du chiffre d'affaires mondial de l'entreprise, et jusqu'à 20 % en cas de récidive.
La Commission a indiqué espérer clore l'enquête dans un délai d'environ douze mois.
Contexte additionnel
La décision d'ouvrir l'enquête intervient après des précédentes sanctions et critiques visant Google au niveau international. Parmi ces éléments figurent une amende antérieure et des réactions politiques externes, citées dans les communications publiques entourant le dossier.
Effets potentiels
L'issue de l'enquête pourrait conduire à des ajustements des règles de classement appliquées par Google ou à des sanctions financières. Les enjeux identifiés par la Commission incluent la protection des revenus des éditeurs de presse, la liberté d'exercice de leur activité et le pluralisme des médias.








