Verdict et peine
Le tribunal correctionnel de Lyon a rendu, le 1er décembre 2025, son jugement dans l'affaire du chantage à la « sextape ». Gaël Perdriau, alors maire de Saint-Étienne, a été déclaré coupable de chantage, d'association de malfaiteurs et de détournement de fonds publics. Le tribunal a prononcé à son encontre une peine d'emprisonnement comprenant une période ferme, une inéligibilité, une amende et un mandat de dépôt à effet différé assorti de l'exécution provisoire. L'intéressé a annoncé son intention de faire appel.
Faits reprochés
Selon les éléments présentés lors du procès, une vidéo intime filmée à l'insu de la victime en janvier 2015 a été exploitée pour exercer des pressions sur Gilles Artigues, alors premier adjoint, afin de limiter ses prises de position politiques et ses ambitions. Des membres de l'entourage du maire ont reconnu certaines participations à l'organisation du piège au cours de l'instruction.
Un montage financier aurait également accompagné l'opération : des subventions municipales auraient transité vers des associations, lesquelles auraient ensuite reversé des sommes à l'un des coauteurs. Toutefois, plusieurs responsables associatifs poursuivis ont été relaxés, le tribunal estimant que leur participation consciente au détournement n'a pas été établie.
Instruction, révélation et procès
L'affaire a été révélée en 2022, suivie d'une instruction qui a abouti au renvoi devant le tribunal correctionnel. Le procès s'est tenu fin septembre 2025 à Lyon, et le jugement a été rendu le 1er décembre 2025.
Principales condamnations
Le tribunal a prononcé des peines distinctes selon le degré d'implication des prévenus :
- Gaël Perdriau : condamné pour chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics ; peine d'emprisonnement avec partie ferme, inéligibilité, amende et mandat de dépôt à effet différé.
- Pierre Gauttieri (ancien directeur de cabinet) : condamné à une peine comprenant un sursis partiel, inéligibilité et amende.
- Samy Kéfi-Jérôme (ancien adjoint) : condamné pour sa participation au piège, peine d'emprisonnement avec sursis partiel et amende.
- Gilles Rossary-Lenglet : condamné pour avoir orchestré la rencontre et le montage vidéo, peine d'emprisonnement avec sursis partiel et amende.
Les peines infligées aux coauteurs sont, pour la plupart, inférieures à celles prononcées contre le maire et comportent des périodes de sursis. Le tribunal a en outre assorti plusieurs condamnations de mandats de dépôt à effet différé.
Volet civil et réparations
Le tribunal a statué sur les demandes civiles et a ordonné des réparations pécuniaires. Des sommes ont été allouées en réparation du préjudice moral et d'image, à verser solidairement par certains condamnés aux victimes et aux parties civiles. Des indemnités ont également été accordées à des associations parties civiles pour frais et préjudices reconnus.
Conséquences administratives et judiciaires
La condamnation entraîne des conséquences administratives : inéligibilité et obligation pour l'élu condamné de quitter ses mandats. Le mandat de dépôt à effet différé et l'exécution provisoire signifient qu'une incarcération pourra être ordonnée dans un délai fixé par l'autorité judiciaire. Les personnes condamnées disposent d'un délai pour interjeter appel.
Déclarations et suites possibles
À la sortie de l'audience, Gaël Perdriau a indiqué qu'il contestait la décision et qu'il ferait appel. Gilles Artigues et plusieurs parties civiles ont exprimé leur satisfaction quant à la reconnaissance de leur qualité de victimes par le tribunal. La procédure d'appel, si elle est engagée, sera examinée par une juridiction supérieure et pourra modifier les peines et réparations décidées en première instance.








