Contexte
Le Guyana, pays d'Amérique du Sud au relief côtier et à faible population, dispose d'estimations importantes de réserves pétrolières. Ces ressources ont fait évoluer les finances publiques et les perspectives de développement depuis le début de l'exploitation commerciale des gisements.
Exploitation pétrolière et données économiques
L'exploitation pétrolière commerciale au Guyana a commencé en 2019. Les estimations mentionnées évoquent plus de 11 milliards de barils de réserves pour une population d'environ 850 000 habitants. La production nationale a atteint selon les autorités 650 000 barils par jour et des objectifs de montée en charge visent plus d'un million de barils par jour à l'horizon 2030. Les autorités font état d'une forte croissance économique, chiffrée à 43,6 % pour 2024 dans les déclarations officielles citées.
Le budget de l'État a augmenté sensiblement selon les sources présentées, passant à 6,7 milliards de dollars en 2025. Le gouvernement indique que les revenus pétroliers alimentent en partie un fonds souverain destiné à gérer ces recettes.
Effets sur les dépenses publiques et les projets d'infrastructure
Les autorités ont déclaré la mise en place de milliers de projets publics et une augmentation des dépenses sociales. Le ministre des Travaux publics a mentionné l'existence de plus de 5 000 projets publics. Les dépenses publiques ont inclus des travaux routiers, des ouvrages de construction et des investissements annoncés pour l'éducation et la santé.
Des réalisations matérielles, telles que des bâtiments publics et des ponts en construction, sont visibles dans plusieurs zones du pays. Les critiques soulignent cependant un écart entre la construction d'infrastructures et la disponibilité de personnels, d'équipements ou de fournitures pour les services supposés occuper ces infrastructures.
Situation sociale et témoignages
Des témoignages recueillis décrivent des conditions de vie précaires pour certaines familles. Un résident évoque l'absence d'eau courante et d'électricité dans son logement, l'utilisation d'un panneau solaire pour l'éclairage, et des installations sanitaires rudimentaires. Son salaire mensuel déclaré est de 110 000 dollars guyaniens (environ 450 euros), et il indique recevoir des aides familiales accrues liées aux revenus pétroliers, chiffrées à 100 000 dollars guyaniens (environ 410 euros) par an et par enfant.
Ces éléments illustrent un contraste entre la hausse des recettes publiques et la persistance de difficultés matérielles pour une partie de la population.
Débats et positions politiques
Plusieurs positions politiques et de la société civile sont présentées autour de la gestion des revenus pétroliers. Le camp gouvernemental affirme que les recettes permettront une diversification économique, une amélioration de l'éducation et un développement durable. Des responsables gouvernementaux insistent sur les mesures prises pour éviter les effets négatifs associés à l'abondance de ressources, souvent désignés sous le terme « syndrome hollandais ».
Des opposants et des acteurs de la société civile expriment des critiques sur l'efficacité de la dépense publique et sur la répartition des gains. Une candidate opposante a déclaré que la richesse accrue n'a pas réduit la pauvreté et a attribué une part de la hausse des prix à certaines politiques d'infrastructure et aux subventions directes. Elle a mentionné un taux d'inflation officiel proche de 4 % et indiqué que de nombreux habitants perçoivent une forte augmentation des prix alimentaires.
Un représentant de la société civile a signalé que des dépenses de construction peuvent rester sans personnel ni équipement, citant l'exemple de bâtiments hospitaliers sans équipe médicale, matériel ou électricité, et estimant que des dépenses sont gaspillées sans suivi opérationnel.
Enjeux et perspectives
Les principaux enjeux identifiés sont la gestion des recettes pétrolières, la prévention de déséquilibres macroéconomiques associés aux ressources naturelles, la concrétisation des investissements dans des services publics opérationnels, et la distribution des bénéfices pour réduire les inégalités. Les autorités et leurs opposants présentent des priorités différentes pour atteindre ces objectifs, et les débats portent sur l'efficacité des projets publics, la lutte contre la corruption déclarée par certains acteurs et la capacité des politiques publiques à améliorer les conditions de vie des ménages.
Les évolutions futures dépendront des décisions budgétaires, des modalités de gouvernance des recettes et de la capacité des institutions publiques à transformer les investissements en services effectifs pour la population.