Le 17 novembre 2025, l'armée sud-coréenne a proposé à la Corée du Nord d'engager des pourparlers militaires visant à établir un tracé de référence clair pour la ligne de démarcation militaire dans la zone démilitarisée (DMZ).
Proposition de pourparlers
Lors d'un point presse, Kim Hong-cheol, vice-ministre sud-coréen à la Défense, a déclaré : « Pour éviter des heurts accidentels et faire baisser la tension militaire, notre armée a officiellement proposé que les deux parties tiennent des pourparlers militaires intercoréens pour discuter d'établir un tracé de référence clair pour la ligne de démarcation militaire. »
Si Pyongyang accepte, ces pourparlers constitueraient les premières discussions militaires intercoréennes depuis 2018.
Incursions et réponses militaires
Le vice-ministre a indiqué que des soldats nord-coréens avaient à de nombreuses reprises traversé la ligne militaire du côté sud de la DMZ pour y installer des routes tactiques, des clôtures et poser des mines. Selon les informations communiquées par Séoul, les forces sud-coréennes ont émis des avertissements par radio et tiré des coups de semonce afin d'inciter les soldats nord-coréens à revenir du côté nord.
Kim Hong-cheol a attribué ces incursions à la perte de nombreux marqueurs de la ligne de démarcation, marqueurs installés en application de l'Accord d'armistice de 1953. Le ministère sud-coréen de la Défense a estimé que le Nord avait violé la ligne de frontière à environ dix reprises au cours de l'année en cours.
Cadre géographique et juridique
La ligne de démarcation se situe à l'intérieur de la zone démilitarisée, une bande tampon d'environ quatre kilomètres de large qui s'étend sur 250 kilomètres à travers la péninsule coréenne. L'armistice signé en 1953 a mis fin aux combats de la guerre de 1950-1953, mais aucun traité de paix formel n'a été conclu entre Séoul et Pyongyang.
Contexte politique et diplomatique
La proposition de pourparlers s'inscrit dans une série d'initiatives du gouvernement sud-coréen actuel visant à réduire les tensions militaires à la frontière. Le président Lee Jae Myung a offert des pourparlers sans conditions préalables et a pris plusieurs décisions visant à limiter les actions de provocation transfrontalières, parmi lesquelles le retrait de haut-parleurs de propagande le long de la frontière et l'interdiction de certaines distributions de tracts.
Pyongyang n'a pas formellement répondu aux ouvertures rapportées par Séoul au moment des communiqués. Sous l'administration précédente, dirigée par le président Yoon Suk Yeol, les relations intercoréennes avaient été marquées par une détérioration, liée notamment à un rapprochement entre Pyongyang et Moscou après l'invasion de l'Ukraine et à des échanges de campagnes de propagande transfrontalières, incluant l'envoi de ballons contenant des déchets en représailles à des ballons pro-sud-coréens.
La présence de forces américaines en Corée du Sud, évaluée à environ 28 500 soldats, est mentionnée dans le contexte de l'architecture de sécurité régionale.








