Contexte
Le 17 novembre 2025, la Haute Autorité de santé (HAS) a publié une recommandation demandant d'arrêter la prescription et l'utilisation de la mesure de la vitesse de sédimentation (VS) dans les indications évaluées. La HAS a été saisie par l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (UNCAM) pour évaluer la pertinence de ce test. Les avis de la HAS ont une valeur consultative.
Principe du test
La vitesse de sédimentation est déterminée à partir d'un prélèvement sanguin. Le sang est placé dans un tube et la vitesse à laquelle les globules rouges sédimentent est mesurée. Cette valeur est historiquement utilisée comme indicateur de la présence d'une réaction inflammatoire, la sédimentation s'accélérant en cas d'inflammation.
Évaluation de la HAS
L'évaluation conduite par la HAS conclut que la mesure de la VS n'a pas démontré d'intérêt médical dans les indications étudiées et recommande d'en interrompre la prescription quelle que soit la situation clinique. La HAS identifie plusieurs limites méthodologiques et cliniques affectant la valeur diagnostique de la VS.
Limites identifiées
- Précision : la VS présente une variabilité importante lors de mesures répétées sur un même échantillon, ce qui limite sa fiabilité.
- Réactivité : la VS évolue lentement en réponse à une inflammation; une inflammation en cours peut ne pas se traduire immédiatement par une augmentation de la VS.
- Spécificité : la VS est influencée par des facteurs non inflammatoires, notamment l'âge et le sexe, ce qui réduit sa capacité à identifier spécifiquement une inflammation.
La HAS souligne également l'utilisation extensive de la VS dans les bilans de routine. Selon l'évaluation, le test a été réalisé 16 millions de fois en 2023, entraînant un coût estimé à 12 millions d'euros pour l'Assurance maladie.
Indications encore en pratique
La VS demeure prescrite dans plusieurs situations cliniques malgré les limites mises en évidence, notamment pour des bilans de routine chez des patients asymptomatiques et dans des maladies telles que le lupus systémique, la polyarthrite rhumatoïde, le lymphome de Hodgkin et le myélome multiple.
Recommandations et alternatives
La HAS recommande de privilégier des tests de substitution jugés plus performants pour l'évaluation de l'inflammation, en particulier le dosage de la protéine C-réactive (CRP). Ces tests sont, selon la HAS, déjà pris en charge par l'Assurance maladie.
La recommandation de la HAS implique une révision des pratiques de prescription et un ajustement des protocoles cliniques et de remboursement en fonction des décisions des autorités compétentes.








