Déclaration du procureur général
Le procureur général du Venezuela, Tarek William Saab, a déclaré le 20 novembre à l’Agence France-Presse (AFP) que la dirigeante de l’opposition María Corina Machado serait considérée comme « fugitive » si elle quittait le pays pour se rendre à l’étranger. Il a précisé que Mme Machado faisait l’objet de plusieurs enquêtes pénales et qu’un déplacement hors du territoire vénézuélien entraînerait son statut de « fugitive » aux yeux du ministère public.
Projet de déplacement pour recevoir le prix Nobel
María Corina Machado a annoncé son intention de se rendre à Oslo, en Norvège, le 10 décembre pour recevoir le prix Nobel de la paix, distinction attribuée le 10 octobre par le comité Nobel norvégien. Elle affirme se trouver au Venezuela en situation de clandestinité.
Accusations retenues contre María Corina Machado
Selon les déclarations officielles rapportées par le procureur général, Mme Machado est accusée par la justice vénézuélienne d’« actes de conspiration, d’incitation à la haine et de terrorisme ». Les autorités indiquent également que d’autres personnes — qualifiées de « mercenaires » dans les communiqués officiels — font l’objet de poursuites.
Allégations concernant des réseaux et opérations présumés
Les autorités vénézuéliennes ont déclaré, à la fin du mois d’octobre, avoir démantelé une « cellule criminelle » présentée comme liée à la CIA et accusée d’avoir cherché à attaquer le navire américain USS Gravely, stationné à Trinité-et-Tobago, afin d’incriminer le Venezuela. Le procureur a en outre évoqué la poursuite de « plus de 100 mercenaires » provenant de « plus de 30 nationalités » et présentés comme liés à la CIA.
Contexte des relations avec les États-Unis
Les autorités vénézuéliennes ont interprété le déploiement d’une flotte américaine dans les Caraïbes et le Pacifique, incluant un porte-avions, comme un acte visant, selon le président Nicolás Maduro, à « imposer un changement de régime ». De leur côté, les États-Unis ont présenté le déploiement comme une opération axée sur la lutte contre le trafic de drogue. Le président américain a déclaré qu’il parlerait « à un moment donné » avec son homologue vénézuélien, et M. Maduro s’est dit prêt à un échange « en tête à tête ».
Parcours politique et situation interne
María Corina Machado, âgée de 58 ans, est une figure de l’opposition vénézuélienne. Elle a critiqué les résultats de l’élection présidentielle de juillet 2024, affirmant que Nicolás Maduro avait « volé » le scrutin. Les États-Unis et plusieurs acteurs de la communauté internationale n’ont pas reconnu ce résultat. La cour suprême vénézuélienne a, lors de la campagne, prononcé son inéligibilité en invoquant des irrégularités financières; elle vit depuis juillet 2024 dans des conditions qualifiées de clandestinité.
Distinctions et accompagnements annoncés
Outre le prix Nobel de la paix, Mme Machado a reçu d’autres distinctions internationales au cours de la période récente. Le président du Panama, José Raúl Mulino, a annoncé qu’il se rendrait à Oslo en décembre pour l’accompagner.
Conséquences judiciaires potentielles
Les autorités vénézuéliennes ont indiqué que l’absence du pays, si elle intervenait pendant les enquêtes en cours, aurait des conséquences sur le statut judiciaire de Mme Machado. Le procureur général a lié cette possibilité au régime des poursuites en cours et aux mandats éventuellement engagés par le ministère public.








