Contexte
Fin octobre 2025, les organisations Coffee Watch, International Rights Advocates et Deutsche Umwelthilfe ont déposé une plainte auprès de l'Office fédéral allemand de l'économie et du contrôle des exportations (BAFA). La plainte vise plusieurs acteurs de la filière café, en particulier Nestlé, Starbucks et Neumann Kaffee Gruppe (NKG), et repose sur des allégations de violations des droits humains tout au long de leurs chaînes d'approvisionnement.
Cadre légal et objet de la plainte
Les plaignantes invoquent la loi allemande sur le devoir de diligence dans les chaînes d'approvisionnement, entrée en vigueur en 2023. Cette législation impose aux entreprises qui dépassent certains seuils d'effectifs d'identifier, prévenir et atténuer les atteintes aux droits humains et aux normes environnementales dans leurs chaînes d'approvisionnement, sous peine de sanctions administratives.
Allégations et éléments cités
Selon les organisations, les enquêtes et témoignages recueillis font état de cas de travail des enfants, de travail forcé, de manquements aux normes de sécurité au travail, d'exploitation salariale et de harcèlement dans des exploitations liées à la production de café en Chine, au Mexique, au Brésil et en Ouganda.
Les ONG citent notamment des travaux conduits avec China Labor Watch évoquant la présence d'enfants sur des exploitations certifiées; des investigations au Mexique menées avec Empower et ProDESC portant sur la situation de petits producteurs, y compris des communautés autochtones; ainsi que des témoignages et procédures juridiques au Brésil et en Ouganda. Parmi les cas signalés figure la plantation Kaweri en Ouganda, mise en relation avec des chaînes d'approvisionnement via NKG.
Réactions des entreprises visées
Nestlé a déclaré prendre les allégations au sérieux mais a indiqué ne pas être « directement lié aux exploitations agricoles en question », affirmant avoir rompu des relations avec certains fournisseurs en cas de non-respect de ses normes. Neumann Kaffee Gruppe a affirmé ne pas avoir reçu directement les allégations et a indiqué avoir réalisé un audit approfondi, déclarant ne tolérer aucune atteinte aux droits humains. Starbucks a rejeté les accusations, les qualifiant d'infondées, et a rappelé son engagement en faveur d'un approvisionnement responsable; certaines sources mentionnent cependant un rôle indirect via l'opérateur AmRest.
Enjeux procéduraux et politiques
Les ONG ont demandé au BAFA d'ouvrir une enquête au titre de la loi de diligence raisonnable. L'issue dépendra de la décision des autorités allemandes d'engager des investigations administratives ou judiciaires et de la capacité des enquêtes à établir des liens de responsabilité directe ou indirecte entre les entreprises et les pratiques dénoncées.
Les organisations signataires ont par ailleurs exprimé des préoccupations au sujet de projets de révision de la loi qui pourraient, selon elles, réduire la portée des obligations imposées aux entreprises.
Suite attendue
Au moment des premiers comptes rendus, le BAFA n'avait pas confirmé publiquement la réception formelle de la plainte. La procédure ultérieure dépendra de l'examen préliminaire par l'autorité compétente et, le cas échéant, de l'ouverture d'enquêtes plus approfondies. Les décisions prises pourraient avoir des conséquences sur les pratiques d'approvisionnement de groupes influents au niveau international.








