Contexte
L'accord commercial entre l'Union européenne (UE) et le Mercosur vise à libéraliser les échanges entre les deux régions. Le texte, signé fin 2024, prévoit une réduction des droits de douane qui devrait faciliter les exportations européennes (voitures, machines, vins) et l'importation de produits agricoles (bœuf, volaille, sucre, miel). La Commission européenne a engagé le processus de ratification et a adopté le texte le 3 septembre 2025.
Déclarations présidentielles
Le président de la République s'est déclaré « plutôt positif » quant à la possibilité d'accepter cet accord lors d'une prise de parole faite en marge d'un sommet de chefs d'État à Belém. Il a simultanément indiqué rester vigilant et a évoqué l'obtention, selon lui, de clauses de sauvegarde renforcées et de mesures de soutien destinées notamment au secteur de l'élevage.
Réaction de la FNSEA
Le 7 novembre 2025, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a réagi sur le réseau social X en dénonçant ce positionnement. Il a qualifié la position présidentielle de « reniement total » et estimé qu'elle constituait « une rupture avec l'agriculture française ». Il a appelé les eurodéputés français à s'opposer à l'accord et déclaré que la FNSEA se mobiliserait pour préserver le modèle agricole, l'emploi et la souveraineté.
Positions d'autres acteurs politiques et syndicats
La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a estimé que les garanties obtenues n'étaient pas suffisantes, écrivant que « les lignes rouges de la France sont connues depuis le départ » et que, malgré des avancées, « le compte n'y est pas ». Des organisations agricoles se sont également prononcées contre l'accord : la Coordination rurale, par la voix de sa présidente Véronique Le Floc'h, a déclaré que le Mercosur menaçait l'agriculture, et la Confédération paysanne a qualifié la situation de « trahison ».
Clauses de sauvegarde et enjeux
Les clauses de sauvegarde mentionnées par la présidence ouvrent la possibilité d'une hausse temporaire des droits de douane sur certains produits agricoles importés en cas d'augmentation brutale des importations ou d'une baisse des prix causant un préjudice au secteur européen. Les représentants agricoles contestent l'efficacité de ces mécanismes, invoquant une distorsion de concurrence liée à des différences de normes environnementales et sanitaires entre continents. Le débat porte aussi sur la mise en œuvre et le contrôle de l'application de normes hors d'Europe.
Calendrier et suites possibles
Des discussions entre responsables européens et partenaires du Mercosur ont eu lieu en amont des déclarations publiques. La présidence brésilienne a indiqué qu'elle était disposée à signer l'accord lors du sommet du Mercosur prévu le 20 décembre à Rio de Janeiro. Le texte doit encore être approuvé par les États membres de l'UE avant d'entrer en application.








