Présentation de l'affaire
Christophe Gleizes, journaliste français et collaborateur des magazines So Foot et Society, a été arrêté en Algérie le 8 mai 2024 alors qu'il réalisait un reportage sur un club de football kabyle. Il a été poursuivi pour « apologie du terrorisme » et pour « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national ».
Condamnation en première instance
En première instance, il a été condamné à sept ans de prison ferme. Son incarcération a commencé à la fin du mois de juin 2024.
Procédure d'appel
Lors de l'audience devant la cour d'appel de Tizi Ouzou, le parquet a requis une peine portée à dix ans d'emprisonnement et une amende de 500 000 dinars algériens (environ 3 300 euros). L'audience a été tenue devant la cour d'appel compétente et des observations ont été présentées par l'accusation et la défense.
Déclarations de l'accusé et de la défense
Appelé à la barre, Christophe Gleizes a demandé pardon et a reconnu avoir commis des erreurs dans l'exercice de son métier de journaliste. Il a indiqué qu'il aurait dû solliciter un visa de presse plutôt qu'un visa touristique et a admis ne pas avoir suffisamment vérifié que certains de ses interlocuteurs étaient liés à une organisation classée comme terroriste en Algérie. Il a demandé la clémence des juges afin de retrouver sa famille.
Ses avocats, Me Emmanuel Daoud (avocat français) et Me Amirouche Bakouri (avocat algérien), ont présenté des arguments en faveur d'une appréciation différente des faits en rappelant la nature journalistique de l'activité et en sollicitant une issue favorable.
Éléments factuels liés à l'enquête
Dans le cadre de son reportage, Christophe Gleizes avait rencontré un responsable de la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK) qui a été cadre du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, organisation classée « terroriste » par les autorités algériennes depuis 2021. Les liens entre cet interlocuteur et l'organisation ont été invoqués dans les poursuites.
Contexte et réactions
L'affaire s'est déroulée dans un contexte de tensions diplomatiques entre l'Algérie et la France. Les parents du journaliste ont saisi le président de la République française et lui ont rendu visite en prison à Tizi Ouzou. Des représentants du monde journalistique ont exprimé leurs préoccupations quant aux conditions des poursuites et aux conséquences pour l'exercice du journalisme.
Suite de la procédure
La cour d'appel a examiné les réquisitions du parquet et les arguments de la défense. La décision de la cour d'appel a été attendue à l'issue de l'audience.








