Annonce et tracé
La SNCF a annoncé le 27 novembre 2025 l'ouverture d'une liaison TGV quotidienne entre Lyon et Bordeaux, prévue pour mi‑2027. La durée commerciale annoncée est d'environ cinq heures. Le tracé prévu évite le Massif central et inclut des arrêts à Massy (Île‑de‑France), Saint‑Pierre‑des‑Corps (près de Tours), Poitiers et Angoulême.
Offre commerciale et matériel roulant
La liaison sera exploitée dans la gamme Ouigo. La SNCF vise un objectif d'un million de voyageurs pour ce service, avec des tarifs d'appel annoncés à partir de 19 euros et la promesse commerciale qu'un billet sur deux coûtera moins de 30 euros. L'opérateur prévoit d'augmenter l'offre Ouigo d'ici 2030 : +30 % de rames, +30 % de places et +30 % de voyageurs. La flotte Ouigo devrait passer de 38 à 50 rames grâce au réemploi et à la rénovation de rames InOui, complétés par des livraisons neuves d'Alstom.
Autres évolutions de desserte
La SNCF a annoncé d'autres évolutions : le lancement d'une liaison Ouigo quotidienne Paris–Hendaye via Bordeaux, Dax, Bayonne et Biarritz à compter du 14 décembre (année citée dans les communiqués), le renforcement de la ligne Paris–Rennes (un troisième aller‑retour) et une offre Paris–Montpellier via Lyon–Saint‑Exupéry.
Contexte historique
Une liaison Intercités entre Lyon et Bordeaux, passant par l'Auvergne et le Limousin, a existé jusqu'en 2014 avant d'être interrompue pour des raisons financières. Un projet porté par une coopérative en 2019 n'a pas abouti.
Réactions des territoires et acteurs
Des élus et associations du Massif central ont exprimé leur désaccord avec le tracé annoncé, estimant que la décision marginalise des territoires déjà considérés comme mal desservis. Le maire de Vichy et vice‑président chargé des transports au conseil régional Auvergne‑Rhône‑Alpes, Frédéric Aguilera, a déclaré sur le réseau X qu'il « ne comprend pas l'obsession de contourner le Massif central ». Le collectif Aurail, qui regroupe des associations de défense du ferroviaire en Auvergne‑Rhône‑Alpes, a appelé à la mobilisation des usagers.
Marc Goutteroze, président du collectif Aurail, a demandé la réinstallation d'une liaison Intercités non TGV sur les voies existantes entre Lyon et Bordeaux afin d'assurer une desserte des villes et métropoles du Massif central. Stéphanie Picard, responsable du collectif « les usagers du train Paris‑Clermont », a réclamé une remise de la transversalité dans les transports. Renaud Lagrave, vice‑président du conseil régional de Nouvelle‑Aquitaine, a qualifié le tracé annoncé de non naturel et a exprimé une préférence pour des travaux sur la ligne fermée.
Florent Menegaux, président‑directeur général du groupe Michelin, a témoigné devant une commission du Sénat début 2025 sur la qualité de la desserte ferroviaire de Clermont‑Ferrand, qualifiant la situation de handicap pour les déplacements réguliers.
Position de la direction de la SNCF et rôle de l'État
Le président de SNCF Voyageurs, Jean Castex, a déclaré soutenir l'ouverture de la liaison, estimant qu'elle répond à une demande. Il a aussi souligné la nécessité d'améliorer la desserte du Massif central et indiqué que la relance d'une liaison Intercités relèverait de la décision de l'autorité organisatrice compétente, l'État.
Dispositif de consultation
Les associations et élus cités ont été invités à participer à la consultation publique sur les mobilités de la région, dont une échéance mentionnée dans les communications publiques s'achevait le 30 novembre.








