Publication
La Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) a publié son 5e Baromètre sur les usages des écrans des Français le 27 novembre 2025. L’enquête a été réalisée en ligne par Toluna Harris Interactive du 26 septembre au 2 octobre 2025 auprès d’un échantillon représentatif de 2 074 personnes âgées de 15 ans et plus.
Corrélation entre usage intensif et état de santé mentale
Le baromètre fait apparaître une association entre un usage intensif des réseaux sociaux et une dégradation déclarée de la santé mentale. Parmi les personnes signalant une santé mentale dégradée, 45 % déclarent passer plus de trois heures par jour sur les réseaux sociaux, contre 21 % en moyenne pour l’ensemble des répondants.
Jeunes : perception des réseaux et pratiques d’utilisation
Chez les 15-24 ans, 60 % estiment que les réseaux sociaux ont un impact négatif sur la société. Malgré cette perception, 56 % de cette tranche d’âge rapportent utiliser les réseaux sociaux plus de trois heures par jour. Par ailleurs, 80 % des 15-24 ans et 68 % des 25-34 ans indiquent passer quotidiennement plus de temps que prévu sur les réseaux sociaux.
Influence des créateurs de contenu
Le baromètre note une forte consultation de contenus produits par des influenceurs, principalement sur TikTok, Snapchat et Instagram. Près des trois quarts des utilisateurs de réseaux sociaux consultent ces contenus et 40 % le font régulièrement. Parmi les personnes déclarant une santé mentale dégradée, plus de la moitié déclarent être influencées par ces contenus dans leurs choix de vie ou leurs opinions.
Perte de contrôle sur l’ensemble des activités numériques
L’étude signale que, selon les types d’activités, entre 76 % et 94 % des répondants consacrent plus de temps que prévu aux écrans. Parmi les personnes qui utilisent quotidiennement certains services, 28 % consacrent au moins trois heures par jour aux achats en ligne, 25 % aux jeux vidéo et 23 % à la consommation de contenus sur les plateformes de streaming. Le sentiment de difficulté à se déconnecter concerne également le cadre professionnel : 16 % des répondants déclarent ne pas parvenir à se déconnecter régulièrement de leurs outils de travail.
Évolution et observations institutionnelles
Le baromètre indique une augmentation de ces phénomènes par rapport aux éditions précédentes. Le président de la MILDECA, Dr Nicolas Prisse, a estimé que les usages observés tendent vers la définition d’une addiction et a cité des conséquences telles que des perturbations du sommeil, des troubles de l’attention, un affaiblissement de l’état moral et des risques accrus d’obésité.
Implications et suite recommandée
Le rapport conclut à la nécessité d’approfondir la compréhension des effets des réseaux sociaux sur la santé mentale, en particulier chez les adolescents et les jeunes adultes, afin d’orienter les actions de prévention et les dispositifs d’accompagnement.








