Résumé
Christophe Gleizes, journaliste sportif français collaborant notamment avec les magazines So Foot et Society, est détenu à la prison de Tizi Ouzou en Algérie. Il a été condamné à sept ans de prison pour des chefs d'accusation qualifiés dans les décisions judiciaires d'« apologie du terrorisme » et de « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l'intérêt national ». Selon des organisations de défense de la presse, il est le seul journaliste français détenu à l'étranger.
Détention et visites familiales
Les parents de Christophe Gleizes se sont rendus en Algérie entre le 11 et le 22 août et ont rencontré leur fils lors de deux visites au parloir, les 12 et 21 août. Ils décrivent une rencontre limitée à une demi-heure pour la première visite, dans une salle séparée par une vitre et avec un combiné téléphonique. Ils indiquent que M. Gleizes leur a dit entretenir de bonnes relations avec le personnel pénitentiaire et avec son codétenu, pratiquer du sport en détention et conserver le moral tout en se sentant « coupé du monde ». Les proches ont transmis des messages de la famille, d'amis et d'organisations de soutien.
Procédure judiciaire
Les différentes sources indiquent que la condamnation à sept ans est intervenue fin juin. La famille et ses avocats attendent un procès en appel annoncé pour l'automne, avec des estimations de calendrier évoquant une possible tenue des audiences en octobre. La tenue effective de l'appel et la possibilité pour la famille et pour l'avocat français de se rendre en Algérie dépendent de l'obtention de visas et de décisions administratives. La défense de M. Gleizes travaille avec un avocat algérien, Me Amirouche Bakouri, et un avocat français, Maître Emmanuel Daoud, dont la présence en Algérie dépend des visas.
Allégations et position de la famille
Les autorités judiciaires algériennes reprochent à M. Gleizes des contacts avec des dirigeants du mouvement lié à la Jeunesse Sportive de Kabylie, considéré par les autorités algériennes comme lié à une organisation classée terroriste. Les parents contestent l'interprétation des faits : ils estiment que les griefs portés contre leur fils sont sans fondement et présentent son dossier comme distinct d'autres affaires jugées en Algérie. Ils affirment en outre craindre que le cas de leur fils ne soit instrumentalisé pour des raisons politiques.
Contexte diplomatique et implications
La détention de Christophe Gleizes intervient dans un contexte de tensions entre la France et l'Algérie. Les membres de la famille ont exprimé leurs inquiétudes sur l'impact de la conjoncture diplomatique sur l'issue judiciaire et sur les conditions de déplacement de proches et d'avocats. Ils ont rappelé leurs demandes de transparence sur la procédure et leur souhait que le dossier ne serve pas à des fins politiques.
Acteurs et mobilisations
Reporters sans frontières et des collègues de presse ont exprimé leur suivi du dossier et ont lancé des actions de soutien. La famille évoque un comité de mobilisation et la transmission de messages de la communauté journalistique. La situation reste sujette à l'évolution de la procédure d'appel et aux décisions administratives concernant les visas.
Sources et éléments vérifiables
Les informations de cet article proviennent d'entretiens et de déclarations de la famille et de communiqués d'organisations de défense de la presse relayés par des agences de presse. Les éléments suivants sont explicitement mentionnés par ces sources : la détention à Tizi Ouzou, la condamnation à sept ans en juin, les visites familiales les 12 et 21 août, la période de déplacement de la famille du 11 au 22 août, l'indication que M. Gleizes est bloqué en Algérie depuis mai 2024, et les noms des avocats impliqués dans sa défense (Me Amirouche Bakouri et Maître Emmanuel Daoud).