Faits
Le jeudi 6 novembre 2025, un concert de l'Orchestre philharmonique d'Israël s'est tenu dans la grande salle Pierre‑Boulez de la Cité de la musique‑Philharmonie de Paris. La représentation, dirigée par le chef Lahav Shani et incluant le pianiste Sir András Schiff, a débuté normalement puis a été perturbée à plusieurs reprises par des tentatives d'interruption venant du public.
Selon la Philharmonie, des spectateurs ont tenté à trois reprises d'interrompre le concert, dont deux fois en allumant des fumigènes. Des vidéos diffusées en ligne montrent des personnes brandissant des fumigènes depuis les gradins, puis d'autres spectateurs tentant de les intercepter; des affrontements sont survenus lors de ces interventions. Après l'évacuation des personnes identifiées comme perturbatrices, la représentation a repris et s'est achevée sous la direction de Lahav Shani. La direction de la Philharmonie a précisé que l'hymne national israélien a été joué en second bis et n'était pas prévu au programme initial.
Un dispositif policier avait été déployé à l'extérieur et à l'intérieur de la salle avant et pendant la représentation. La Philharmonie de Paris a indiqué avoir déposé plainte après les incidents. Parmi les objets saisis figurent des fumigènes, des "bombes puantes", de l'encre et une alarme.
Mesures judiciaires et enquêtes
Quatre personnes (trois hommes et une femme) ont été interpellées et placées en garde à vue après les incidents survenus dans la salle. Le parquet de Paris a déféré ces mis en cause en vue de l'ouverture d'une information judiciaire. Le juge d'instruction a été saisi d'un ensemble d'infractions comprenant notamment : dégradation du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes, mise en danger d'autrui, détention sans motif légitime et interdit par arrêté préfectoral de produit incendiaire, organisation d'une manifestation sur la voie publique sans déclaration, refus de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques et violence avec usage ou menace d'une arme.
Une première personne a été mise en examen et placée sous contrôle judiciaire. Le parquet a requis le placement sous contrôle judiciaire des autres mis en cause, assorti d'interdictions de paraître à Paris, aux abords et dans les salles de spectacles.
Rixe et interpellations à l'extérieur du commissariat
Le samedi suivant, un rassemblement de soutien aux personnes entendues s'est formé devant le commissariat du XIXe arrondissement où les mis en cause de la Philharmonie étaient entendus. Le rassemblement a été rejoint par un groupe pro‑israélien et une rixe a éclaté entre les deux groupes. Des policiers sont intervenus pour séparer les protagonistes; trois policiers ont été blessés lors de l'intervention.
Plusieurs personnes ont été interpellées à l'issue de ces heurts. Trois militants pro‑israéliens ont été interpellés et placés en garde à vue pour outrage et violences sur personne dépositaire de l'autorité publique. Un militant pro‑palestinien a été interpellé et entendu pour des propos à caractère antisémite.
Revendications et suite administrative
Le groupe Palestine Action France a revendiqué, sur des comptes en ligne, la perturbation de la représentation à la Philharmonie et le rassemblement de soutien au commissariat. Le ministre de l'Intérieur a déclaré, lors d'une intervention publique, que le dossier de dissolution éventuelle de cette organisation était en cours d'examen par les autorités compétentes.
Réactions institutionnelles et politiques
La Cité de la musique‑Philharmonie de Paris a condamné les incidents et porté plainte. Le ministre de l'Intérieur a condamné les perturbations en rappelant que rien ne justifiait de mettre en danger la vie des spectateurs. La ministre de la Culture a déclaré que la violence n'avait pas sa place dans une salle de concert et rappelé le principe de liberté de programmation et de création. Des personnalités et responsables politiques ont exprimé des réactions divergentes, certaines condamnant fermement les interruptions et d'autres contextualisant la tenue du concert par des débats antérieurs.
Contexte et antécédents
La représentation intervenait après plusieurs semaines de débats publics et d'appels d'organisations, syndicats, collectifs d'artistes et militants pro‑palestiniens demandant d'annuler ou de contextualiser la représentation. La CGT Spectacle avait demandé à la Philharmonie d'informer le public des accusations en cours visant certains dirigeants israéliens dans le cadre du conflit à Gaza. En septembre 2025, un concert dirigé par le même chef d'orchestre avait été déprogrammé d'un festival en Belgique après des pressions publiques.
Suites attendues
Les enquêtes judiciaires et policières en cours doivent préciser les circonstances des interruptions et des affrontements, identifier les responsabilités et déterminer les suites judiciaires et administratives éventuelles.








