Synthèse
Le 30 août 2025, des manifestations se sont étendues dans plusieurs villes d'Indonésie après la mort d'un conducteur de moto-taxi percuté par un véhicule des forces de l'ordre. Au cours des épisodes de protestation, un bâtiment du conseil provincial et local de Makassar a été incendié, entraînant la mort de trois personnes et l'hospitalisation d'au moins quatre autres.
Contexte et déclencheur
Des manifestations avaient commencé en réaction à des revendications sociales et politiques, notamment des protestations contre des avantages accordés aux parlementaires et des préoccupations liées à la situation économique. Lors d'une manifestation précédente, une fourgonnette de la Brigade Mobile (Brimob) a percuté et tué un conducteur de moto-taxi, Affan Kurniawan, âgé de 21 ans. Une vidéo de l'incident a été largement diffusée sur les réseaux sociaux et a contribué à élargir le mouvement de protestation.
Incendie de Makassar et bilan
Le 30 août 2025, des manifestants ont pris d'assaut le bâtiment du conseil provincial et local de Makassar (Célèbes du Sud) et y ont allumé plusieurs foyers. Rahmat Mappatoba, secrétaire du conseil municipal de Makassar, a déclaré que trois personnes piégées par les flammes — identifiées comme deux employés du conseil local et un fonctionnaire — sont décédées. Au moins quatre autres personnes ont été hospitalisées.
Des images diffusées par les médias locaux montraient des manifestants à proximité du bâtiment incendié et des parties de l'immeuble effondrées. Le chef militaire de la région des Célèbes du Sud, Windiyatno, a indiqué dans un communiqué que la situation à Makassar était revenue à la normale.
Déroulement des manifestations dans d'autres villes
Des manifestations ont eu lieu simultanément ou successivement dans plusieurs villes, dont Jakarta, Surabaya, Bali, Lombok, Mataram et Medan. À Jakarta, la police a employé des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser des rassemblements. À Bali, des étudiants et des conducteurs de moto-taxi ont manifesté devant le siège de la police. Sur l'île de Lombok, des manifestants ont attaqué et incendié le bâtiment du conseil local à Mataram.
Réponses officielles et enquêtes
Le président Prabowo Subianto s'est rendu au domicile du conducteur de moto-taxi décédé pour présenter ses condoléances et a ordonné que les circonstances de la mort soient éclaircies de manière transparente, tout en appelant au calme. Sept agents ont été arrêtés en lien avec la mort du conducteur.
Le chef de la police nationale, Listyo Sigit Prabowo, a annoncé qu'une procédure disciplinaire sur l'éthique professionnelle des agents impliqués serait engagée et pourrait durer environ une semaine, avec la possibilité de qualifier l'affaire de crime si des éléments le justifiaient.
Mesures et répercussions médiatiques
La plateforme TikTok a annoncé la suspension temporaire de sa fonctionnalité de diffusion en direct (TikTok LIVE) en Indonésie "pour quelques jours", évoquant des mesures de sécurité en réaction à l'escalade des violences lors des manifestations. Le ministère français des Affaires étrangères a conseillé aux ressortissants de faire preuve de vigilance et d'éviter les zones de rassemblement.
Revendications et enjeux évoqués
Les manifestants ont formulé plusieurs revendications, parmi lesquelles des demandes liées aux rémunérations et avantages des parlementaires (notamment une allocation de logement mensuelle citée à 50 millions de roupies), des critiques sur la gestion économique et des préoccupations sur l'impunité des actions des forces de l'ordre. Certaines décisions budgétaires prises par le gouvernement, incluant des coupes destinées à financer des programmes publics et un fonds souverain, ont également été mentionnées comme facteurs de mécontentement.
Situation au moment des rapports
Au moment des comptes rendus, les autorités locales avaient signalé un retour à la normale dans certaines zones affectées, tandis que des enquêtes et des procédures internes sur le rôle des agents impliqués étaient en cours. Les informations évoquent des arrestations, des poursuites disciplinaires potentielles et des actions de maintien de l'ordre pour disperser les rassemblements.