Le 29 août 2025, lors d'une conférence de presse à Toulon avec le chancelier allemand Friedrich Merz, le président Emmanuel Macron a déclaré qu'il entendait « exercer jusqu'à son terme » le mandat qui lui a été confié par les Français. Il a refusé de « faire de la politique-fiction » au sujet d'une éventuelle nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale et a appelé les forces politiques à trouver des « chemins d'accord » sur le budget.
Contexte
Le contexte politique s'est tendu après l'annonce par le Premier ministre François Bayrou de sa décision de soumettre la responsabilité du gouvernement à un vote de confiance devant l'Assemblée nationale le 8 septembre, autour de la « maîtrise de nos finances ». Cet engagement, annoncé le 25 août, vise selon le gouvernement à consacrer « la dimension de l'effort » correspondant à près de 44 milliards d'euros de réduction du déficit public, avant la discussion des mesures individuelles du plan.
Déclarations d'Emmanuel Macron
Lors de la conférence de presse à Toulon, Emmanuel Macron a affirmé que la démocratie reposait sur le respect du mandat pour lequel des élus ont été investis et a répété sa volonté de mener son mandat à son terme. Il a exprimé son soutien à l'initiative du Premier ministre en jugeant que ce dernier fait face à « un défi qui n'est pas insurmontable » et en défendant le fait d'avoir mis les forces politiques « en responsabilités » face à l'endettement du pays. Le président a par ailleurs plaidé pour des accords sur le constat et les principes du budget.
Position et démarche du gouvernement
François Bayrou a présenté le recours à la question de confiance comme une méthode pour obtenir une validation politique du diagnostic et des principes du plan de désendettement. Le Premier ministre a été rapporté comme proposant ensuite d'ouvrir des discussions techniques sur les mesures et a annoncé des initiatives publiques, dont une interview prévue depuis Matignon aux chaînes d'information en continu. Il a également tenu des prises de parole publiques, notamment lors de l'inauguration de la foire agricole de Châlons-en-Champagne, où il a qualifié la dette de « l'esclavage des plus jeunes » et défendu le bien-fondé de sa demande de confiance.
Réactions politiques et syndicales
Plusieurs formations politiques — le Rassemblement national (RN), La France insoumise (LFI), Les Écologistes, le Parti socialiste (PS) et le Parti communiste français (PCF) — ont annoncé qu'elles voteraient pour renverser le gouvernement lors du vote de confiance prévu le 8 septembre. Le PS a annoncé la présentation d'une alternative au projet budgétaire, portée notamment par son dirigeant Olivier Faure lors des universités d'été du parti.
Les organisations syndicales réunies en intersyndicale ont proposé une journée de mobilisation nationale le 18 septembre, éventuellement accompagnée d'appels à la grève et à la manifestation, afin de protester contre les mesures budgétaires avancées.
Enjeux et calendrier
Le vote de confiance du 8 septembre constituera une étape formelle de validation ou de rejet du plan présenté par le gouvernement. Si l'Assemblée nationale refuse la confiance, le gouvernement serait renversé conformément aux règles institutionnelles. Emmanuel Macron a exclu d'ouvrir une discussion publique sur une éventuelle dissolution à ce stade et a appelé à des négociations entre forces politiques pour parvenir à des accords sur le budget.
Les développements politiques prévus dans les jours suivants incluent des entretiens entre le gouvernement et les partis, des interventions médiatiques du Premier ministre et la reprise des discussions parlementaires sur les mesures budgétaires.