Contexte
Quelque 6,5 millions d'électeurs honduriens sont appelés à voter au suffrage universel direct dans un scrutin à un tour pour élire le successeur de la présidente en exercice, ainsi que 128 députés et des centaines de maires pour un mandat de quatre ans. Le parti Liberté et Refondation (Libre), principal parti de la majorité sortante, a annoncé qu'il ne reconnaîtrait pas les résultats préliminaires du conseil électoral et n'acceptera que le décompte final des procès-verbaux.
Principaux candidats
Les favoris mentionnés dans les sondages sont :
- Rixi Moncada, candidate du parti Libre, avocate, 60 ans.
- Salvador Nasralla, candidat du Parti libéral (PL), personnalité médiatique, 72 ans.
- Nasry Asfura, candidat du Parti national (PN), entrepreneur et ancien maire de Tegucigalpa, 67 ans.
Au cours de la campagne, ces formations et certains de leurs dirigeants ont fait l'objet d'accusations publiques liées à la corruption ou à des liens présumés avec le narcotrafic.
Intervention et position des États-Unis
Plusieurs déclarations publiques du président des États-Unis ont exprimé un soutien à Nasry Asfura et des critiques à l'égard d'autres candidats. Ces prises de position ont été accompagnées d'indications selon lesquelles l'aide américaine pourrait être conditionnée en fonction du résultat électoral. Le président américain a, par ailleurs, évoqué publiquement la possibilité d'une grâce pour l'ancien président Juan Orlando Hernández, condamné aux États-Unis pour trafic de drogue.
Tensions politiques et observation internationale
Les formations politiques se sont mutuellement accusées de préparer des fraudes et ont dénoncé l'absence d'un arbitre électoral perçu comme totalement indépendant. En réponse aux inquiétudes, des missions d'observation internationale, notamment de l'Organisation des États américains (OEA) et de l'Union européenne (UE), ont été dépêchées pour surveiller le déroulement du scrutin et faire des recommandations.
Enjeux socio-économiques et sécurité
Les questions économiques et de sécurité ont structuré les programmes : taxation des élites et redistribution (Libre), attractivité des investissements (PN), et soutien à l'industrie et à l'agriculture (PL). Les indicateurs cités pendant la campagne font état d'un niveau élevé de pauvreté — près de deux tiers d'une population estimée à 11 millions — et d'une forte dépendance aux envois de fonds, évalués à environ 27 % du PIB (environ 10 milliards de dollars). Le pays reste confronté à une violence élevée, avec un taux d'homicides mentionné à 26,8 pour 100 000 habitants; le gouvernement en exercice a instauré un état d'urgence pour ses mesures de sécurité.
Des décisions migratoires prises par l'administration américaine pendant l'année de la campagne ont entraîné l'expulsion d'un nombre significatif de ressortissants honduriens et la révocation d'un statut de protection temporaire pour d'autres ressortissants.
Déroulement du scrutin et calendrier
Les bureaux de vote ouvrent à 07h00 locales. Le conseil national électoral a indiqué qu'il prévoit de dévoiler des résultats préliminaires dans la soirée du scrutin; toutefois, certaines formations politiques ont annoncé qu'elles n'accepteraient que le décompte final des procès-verbaux.
Observations finales
Le scrutin se déroule dans un climat marqué par des accusations réciproques, des interventions déclarées d'acteurs étrangers et des enjeux économiques et sécuritaires persistants. L'acceptation des résultats dépendra en partie des procédures de vérification du vote, de l'action des observateurs internationaux et des interprétations politiques des différents acteurs en présence.








