Résumé de la décision
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par Nicolas Sarkozy dans l’affaire dite « Bygmalion », rendant ainsi définitive la condamnation prononcée en appel pour financement illégal de campagne. La peine retenue en appel est d’un an d’emprisonnement, dont six mois avec sursis ; la partie ferme est aménageable.
Contexte et faits reprochés
Les poursuites portent sur la campagne présidentielle de 2012. Les investigations ont retenu un dépassement des dépenses de campagne estimé à environ 42,8 à 43 millions d’euros, pour un plafond légal alors fixé à 22,5 millions d’euros. La justice a retenu l’existence d’un système de double facturation impliquant la société Bygmalion et des imputations de coûts sur le parti politique soutenant le candidat, par le biais de conventions et de factures. Nicolas Sarkozy a été poursuivi en tant que candidat pour avoir bénéficié d’un financement politique illégal; il a nié toute responsabilité pénale devant les juridictions.
Parcours procédural
Première instance (septembre 2021) : le tribunal correctionnel de Paris a condamné Nicolas Sarkozy à un an d’emprisonnement ferme, avec possibilité d’exécution à domicile sous surveillance électronique selon les modalités prévues par la loi.
Cour d’appel (14 février 2024) : la cour d’appel de Paris a condamné Nicolas Sarkozy à un an d’emprisonnement, dont six mois avec sursis, en prévoyant la possibilité d’aménagement de la partie ferme.
Cour de cassation (26 novembre 2025) : la chambre criminelle a rejeté le pourvoi et confirmé la condamnation prononcée en appel, ce rejet mettant fin aux voies de recours internes dans ce dossier.
Points de droit soulevés et appréciation de la Cour de cassation
Plusieurs moyens avaient été soulevés dans le pourvoi, notamment la régularité de la composition de la juridiction d’appel et l’articulation entre le contrôle du Conseil constitutionnel sur les comptes de campagne et l’action du juge pénal. La Cour de cassation a considéré que la cour d’appel avait suffisamment motivé sa décision et a distingué les dépenses validées par le Conseil constitutionnel de celles qui n’avaient pas été soumises à son contrôle, permettant au juge pénal de reconstituer et de retenir le montant des dépenses dissimulées.
Peine, exécution et conséquences pénales
La condamnation devenue définitive est d’un an d’emprisonnement, dont six mois avec sursis. La partie ferme étant inférieure à un an, la juridiction d’appel avait admis le principe de l’aménagement de la peine. Les juridictions compétentes pour l’application des peines sont saisies pour déterminer les modalités concrètes d’exécution de la partie ferme, ce qui peut inclure des mesures telles que le bracelet électronique, la semi‑liberté ou d’autres dispositifs prévus par la loi.
Cette condamnation constitue l’une des condamnations pénales définitives inscrites au casier judiciaire de Nicolas Sarkozy, après une condamnation définitive antérieure dans l’affaire dite des « écoutes » (Bismuth). La possibilité de confusion de peines, mécanisme permettant l’exécution simultanée de peines de même nature en cas de condamnations multiples, peut être examinée si d’autres condamnations deviennent définitives.
Exécution et incidents connexes
Dans le contexte de procédures distinctes, Nicolas Sarkozy a fait l’objet d’une incarcération liée à un autre dossier puis d’une remise en liberté sous contrôle judiciaire. L’ancien président a porté un bracelet électronique pendant une période antérieure et a ensuite obtenu une libération conditionnelle avant l’exécution de la moitié de la peine, la mesure ayant été motivée notamment par son âge.
Liens avec d’autres procédures
D’autres procédures le concernant sont en cours ou ont donné lieu à des décisions antérieures. Un procès en appel relatif au financement libyen présumé de la campagne de 2007 a été programmé pour une période au printemps 2026. La défense de Nicolas Sarkozy a indiqué qu’elle prenait acte du rejet du pourvoi et a évoqué la possibilité d’examiner un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme, voie distincte des recours internes.
Chronologie succincte
- Jugement de première instance : 2021;
- Arrêt de la cour d’appel de Paris : 14 février 2024;
- Réquisitions en cassation : octobre 2025;
- Remise en liberté sous contrôle judiciaire liée à une autre procédure : novembre 2025;
- Décision de la Cour de cassation : 26 novembre 2025;
- Procès en appel du dossier libyen : période programmée au printemps 2026.
Conclusion
Le rejet du pourvoi par la Cour de cassation a rendu définitive la condamnation pour financement illégal de la campagne présidentielle de 2012. Les juridictions chargées de l’application des peines doivent désormais statuer sur les modalités concrètes d’exécution de la partie ferme et sur l’articulation éventuelle avec d’autres condamnations définitives.








