L'ancien président péruvien Pedro Castillo a été condamné le 27 novembre 2025 à 11 ans, 5 mois et 15 jours de prison pour le délit de rébellion. Il a été acquitté des chefs d'abus de pouvoir et de trouble à l'ordre public. Le parquet avait requis une peine de 34 ans pour l'ensemble des charges. Castillo est en détention provisoire depuis décembre 2022.
Contexte
Pedro Castillo, ancien instituteur et dirigeant syndical, a exercé la présidence du Pérou de 2021 à 2022. Son mandat a été marqué par des tensions avec le Parlement. Lors d'une tentative de dissolution du Parlement, le jour où l'assemblée devait débattre d'une motion de destitution visant le président, il a proclamé la dissolution et appelé à la convocation d'une assemblée constituante. Il a ensuite été destitué et arrêté alors qu'il se rendait avec sa famille à l'ambassade du Mexique à Lima.
Procès et jugement
Le procès, tenu depuis mars dans une salle annexe d'un centre pénitentiaire, a abouti à la condamnation de Castillo pour rébellion, retenue sous la modalité de conspiration. Le tribunal a considéré le prévenu coauteur d'un délit contre les pouvoirs de l'État et l'ordre constitutionnel. Sept autres personnes étaient jugées avec lui. Parmi les coaccusés, l'ancienne présidente du Conseil des ministres Betssy Chávez a été condamnée à la même peine.
Détention et lieu d'incarcération
Castillo restera détenu dans un établissement pénitentiaire qualifié de spécial, où sont également détenus d'anciens présidents péruviens. Il est en détention provisoire depuis son arrestation en décembre 2022.
Conséquences politiques et réactions
La destitution de Pedro Castillo a entraîné l'accession à la présidence de sa vice-présidente, Dina Boluarte. Son départ a provoqué des manifestations à l'échelle nationale; certaines de ces mobilisations ont été réprimées et ont causé la mort de plus de 50 civils, selon les bilans rapportés.
Points procéduraux
Le tribunal a exclu certains chefs d'accusation à l'issue du procès, déclarant l'ancien président non coupable des délits d'abus de pouvoir et de trouble à l'ordre public. Le ministère public avait requis une peine plus lourde pour l'ensemble des infractions retenues au cours des investigations et de l'instruction.








