Chronologie des incidents
Des observations et signalements d'engins aériens non identifiés ont été enregistrés sur plusieurs jours. Le trafic aérien à Brussels Airport et à l’aéroport de Liège a été interrompu jeudi soir vers 21 h 20 après la détection de drones; ces interruptions ont duré près de trente minutes et le trafic a repris peu avant 22 h. Les premières fermetures temporaires des pistes à Brussels Airport avaient déjà eu lieu précédemment après l'apparition d'appareils non autorisés, entraînant l'annulation et la déviation de vols. Le même cycle d'incidents a donné lieu à de nouveaux signalements les soirées suivantes au‑dessus de bases aériennes et de sites militaires.
Le parquet fédéral a ouvert au moins deux enquêtes portant sur des survols antérieurs, dont un incident signalé le week‑end précédent au‑dessus de la base aérienne de Kleine‑Brogel et un autre sur le camp militaire d'Elsenborn, mentionné comme survenu le 3 octobre.
Lieux concernés et impact sur le trafic aérien
Plusieurs aéroports et bases militaires ont fait l'objet d'observations rapportées : Brussels Airport (Zaventem), Liège, Bierset, Kleine‑Brogel, Schaffen (Diest), Florennes, Heverlee (domaine militaire près de Louvain) et Ostende. Les interventions des autorités et la prudence des contrôleurs aériens ont entraîné l'annulation et la déviation de vols.
Lors de l'interruption la plus récente, Skeyes a confirmé l'observation d'un drone à Brussels Airport et la suspension des vols par précaution. Au moment de cette interruption, huit vols au départ et vingt‑deux vols à l'arrivée étaient encore prévus à Zaventem. Un vol de la compagnie Transavia en provenance d'Alicante a été dévié vers Amsterdam. Des annulations et détournements avaient déjà été signalés lors des premières fermetures et d'autres journées ultérieures; des retards et des files d'attente ont été constatés aux enregistrements et aux contrôles. Le transporteur fret DHL a indiqué des annulations et détournements affectant des liaisons et des envois.
Signalements locaux et observations visuelles
Des signalements locaux ont motivé des interventions de la police et des patrouilles. Vers 21 h, plusieurs drones auraient été aperçus aux abords et à proximité immédiate de la base aérienne de Florennes; le bourgmestre a évoqué de « fortes suspicions » et les autorités locales, la zone de police et la base sont restées en contact pour évaluer la situation. Mardi soir, quelques drones avaient également été observés dans le ciel de Florennes après 20 h.
La police d'Ostende a reçu plusieurs appels concernant un drone au‑dessus du centre‑ville vers 19 h; des unités de police et un hélicoptère ont été déployés aux abords du domaine militaire de Heverlee, où des lumières ont été observées sans contact visuel confirmé. Des appareils suspects ont été aperçus au‑dessus de la base de Kleine‑Brogel et de la base de Schaffen. Les forces de l'ordre ont indiqué que des images et enregistrements éventuellement disponibles seraient examinés dans le cadre des enquêtes.
Enquêtes, évaluations et position des autorités
Le parquet fédéral a ouvert des enquêtes sur certains survols récents. Les services de sécurité belge ont évalué qu'un acteur étatique pourrait être à l'origine de certaines incursions; la Russie a été citée comme hypothèse probable dans des informations rendues publiques en lien avec les préparatifs d'une réunion du Conseil national de sécurité. L'ambassade de Russie à Bruxelles a nié toute implication de ses services de sécurité.
Parallèlement aux enquêtes judiciaires, la Belgique a demandé un soutien militaire international pour renforcer ses capacités de lutte contre les petits systèmes aériens sans pilote. La Bundeswehr a annoncé qu'elle fournirait à court terme des capacités de lutte contre ces systèmes, à la demande de la Belgique, pour aider à contrer les survols jugés suspects.
Mesures et décisions gouvernementales
Les autorités ont organisé des réunions de coordination au niveau politique et sécuritaire, notamment la convocation d'un Conseil national de sécurité pour traiter de la problématique des incursions de drones. Des contacts internationaux ont été établis entre responsables nationaux et alliés.
Sur le plan matériel et réglementaire, des décisions ont été annoncées ou envisagées : acquisition en urgence de systèmes anti‑drones (fusils anti‑drones et brouilleurs directionnels) par la Défense, lancement d'un processus en vue d'un Arrêté Royal rendant obligatoire l'enregistrement des drones dans des zones sensibles (« zones géographiques UAS ») et élaboration de plans de renforcement des capacités de détection, d'identification et de neutralisation des engins. Ces acquisitions et réglementations devront être validées par les instances compétentes avant mise en œuvre.
Analyses techniques et expertises
Des analyses techniques ont été avancées par des spécialistes et des sources proches du dossier. Certaines évaluations distinguent des appareils de petite taille, alimentés sur batterie et limités en portée, tandis que d'autres observations portent sur des drones de plus grande dimension et sur des modes de télécommande via réseaux cellulaires (4G/5G). Des experts ont aussi indiqué que certains enregistrements vidéo initialement identifiés comme drones pouvaient correspondre à d'autres appareils mis en œuvre lors des opérations de recherche, telles que des hélicoptères de la police.
Des commentaires d'experts ont souligné la possibilité de contournement des dispositifs de limitation de vol intégrés aux drones commerciaux (géorepérage) par modification logicielle, ce qui requiert des compétences techniques et peut expliquer des vols au‑dessus de zones normalement protégées.
Contexte opérationnel
La base aérienne de Florennes a récemment accueilli les quatre premiers F‑35 commandés par la Belgique pour renouveler sa flotte de F‑16. La présence d'aéronefs de nouvelle génération a été mentionnée dans les communications publiques en lien avec les observations locales.
Conséquences opérationnelles et prochaines étapes
Les autorités poursuivent les enquêtes judiciaires et les évaluations opérationnelles. Des mesures supplémentaires de coordination entre administrations civiles et militaires sont en cours de développement. Les réunions du Conseil national de sécurité et d'autres instances gouvernementales doivent préciser les actions à court et moyen terme pour renforcer la protection de l'espace aérien et des sites sensibles.








