Faits
Une opération militaire israélienne s'est déroulée dans la nuit du 27 au 28 novembre 2025 dans le village de Beit Jinn, à une quarantaine de kilomètres au sud‑ouest de Damas. L'armée israélienne a indiqué avoir mené une incursion visant à interpeller des membres du groupe Jamaa Islamiya et a signalé des échanges de tirs avec des personnes qualifiées de « suspects ». Selon l'armée israélienne, ses soldats ont reçu un appui aérien au cours de l'opération.
Bilan humain et dégâts
Les autorités syriennes ont fait état de 13 personnes tuées et d'au moins 24 blessés, parmi lesquels des femmes et des enfants. Elles ont signalé des dégâts affectant des habitations et une mosquée, ainsi que des déplacements de population dans la zone. L'armée israélienne a, de son côté, déclaré six soldats blessés, dont trois grièvement, et a annoncé plusieurs arrestations.
Témoignages et descriptions de l'incident
Des habitants de Beit Jinn ont rapporté avoir été réveillés par des tirs nocturnes. Des témoins ont décrit la présence de soldats et de véhicules blindés, suivie de frappes aériennes et de pilonnages menés par l'artillerie et des drones. Certains blessés ont été transférés vers un hôpital de Damas, selon des comptes rendus locaux.
Déclarations et réactions officielles
Le ministère syrien des Affaires étrangères a qualifié l'opération de « crime de guerre » et a accusé Israël de chercher à déstabiliser la région. L'armée israélienne a justifié l'intervention par la nécessité d'empêcher des attaques visant des civils israéliens, précisant qu'elle visait des membres du groupe Jamaa Islamiya, présenté par Israël comme proche du mouvement Hamas.
L'Observatoire syrien des droits de l'homme a estimé qu'il s'agissait de l'incursion la plus meurtrière depuis l'élargissement de certaines opérations israéliennes au‑delà de la zone tampon dans le sud de la Syrie. Une représentante des Nations unies a dénoncé une violation de l'intégrité territoriale syrienne.
Contexte
Depuis décembre 2024, les frappes et incursions attribuées aux forces israéliennes en Syrie se sont multipliées selon des rapports publics. Israël a déployé des unités dans la zone démilitarisée du plateau du Golan et a mené des opérations au‑delà de la ligne de démarcation de 1974. En juin 2025, Damas avait accusé l'armée israélienne d'avoir enlevé plusieurs personnes à Beit Jinn lors d'une précédente opération au cours de laquelle un civil avait été tué.
Des contacts de haut niveau entre responsables israéliens et syriens ont été signalés pendant l'été 2025, avec des médiations internationales visant à apaiser les tensions. Les autorités israéliennes ont conditionné toute avancée à une démilitarisation partielle d'un secteur s'étendant du sud de Damas à la ligne de 1974.
Éléments à suivre
Les enquêtes sur les pertes humaines, les mesures des autorités locales et internationales, et l'éventualité de nouvelles opérations ou négociations entre les parties sont des éléments à surveiller dans les jours à venir.








