Contexte général
Le 29 août 2025, plus de 850 000 enseignants ont participé à une journée de prérentrée avant l'accueil des élèves prévu pour le lendemain. Cette période de reprise des activités s'inscrit dans un contexte marqué par des débats sur les effectifs, les ressources humaines et les orientations pédagogiques.
Effectifs et pénurie signalée
Le principal syndicat du second degré, le SNES-FSU, a qualifié la prérentrée de « rentrée de la pénurie », signalant des manques de personnel, y compris d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH). La secrétaire générale du SNES-FSU, Sophie Venetitay, a estimé que l'Education nationale pourrait compter entre 5 000 et 6 000 enseignants manquants et a indiqué que certains territoires, comme La Réunion et Mayotte, avaient déjà organisé leur rentrée.
Réactions et position du ministère
La ministre de l'Éducation nationale, Élisabeth Borne, a déclaré que la rentrée se déroulait « avec des moyens constants » et un « nombre de postes de professeurs constant », en rappelant une baisse démographique entraînant une diminution d'élèves d'environ 100 000. Elle s'est rendue en visite au collège Jean‑Mermoz d'Angers lors de la prérentrée pour échanger avec des personnels et stagiaires.
Réformes de la formation et évolution des concours
Pour répondre à la perte d'attractivité de la profession, le ministère a engagé une réforme de la formation initiale qui modifie le niveau requis pour se présenter aux concours de l'enseignement du premier et du second degré, en ouvrant ces concours aux titulaires d'un Bac +3 au lieu d'un niveau master.
Conditions de travail, motivation et salaires
Le SNES-FSU a évoqué une « crise de sens » chez certains personnels, citant une consultation interne selon laquelle deux tiers des collègues auraient envisagé la démission au cours des deux dernières années, pour des raisons incluant la perception d'une dégradation de l'école publique. Le syndicat déplore également l'absence de revalorisation des salaires en 2024 et 2025. Selon une note de la Direction de l'étude et de la prospective (Depp) du ministère, le salaire net moyen d'un enseignant à temps complet était de 3 010 euros en 2023.
Mesures pédagogiques et nouveautés pour la rentrée
Les enseignants doivent se familiariser avec plusieurs évolutions pédagogiques annoncées pour la rentrée : nouveaux programmes de mathématiques et de français pour le premier degré, introduction de modules d'initiation à l'intelligence artificielle, et nouveaux contenus d'éducation à la vie affective et sexuelle (EVARS). Par ailleurs, une réforme du contrôle continu pour le baccalauréat a été annoncée et devait être présentée aux enseignants.
Perspectives budgétaires et réactions syndicales
Le Premier ministre, François Bayrou, a évoqué un objectif de réduction de 3 000 postes publics à compter de 2026. Les syndicats d'enseignants se sont opposés à des suppressions de postes dans l'Éducation nationale et discutent des modalités d'action collective, y compris la possibilité de se joindre à des mobilisations nationales. Des manifestations et des rassemblements ont été observés lors des déplacements ministériels.
Points de discussion en cours
Les principaux points débattus au moment de la prérentrée étaient : l'adéquation entre le nombre de professeurs et les classes, l'attractivité du métier enseignant, les conditions de mutation et d'accompagnement des stagiaires, l'évolution des programmes scolaires et la mise en œuvre des réformes du baccalauréat. Les autorités et les organisations syndicales ont exprimé des positions divergentes sur les moyens et les priorités à mobiliser.
Sources et données citées
Les éléments présentés proviennent de communications syndicales, d'interventions ministérielles et d'une note statistique de la Depp mentionnant le salaire moyen net en 2023. Les chiffres d'effectifs scolaires et d'établissements cités sont ceux communiqués par les autorités lors des annonces de rentrée.