Résumé
Le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz se sont rencontrés au fort de Brégançon le 28 août 2025 pour acter une relance des relations entre la France et l'Allemagne. La rencontre a précédé un conseil des ministres franco‑allemand à Toulon, regroupant dix ministres de chaque pays.
Contexte
La réception au fort de Brégançon a été présentée par l'Élysée comme une marque d'attention particulière. Avant Friedrich Merz, seuls deux chanceliers allemands avaient été reçus à Brégançon : Helmut Kohl, accueilli par François Mitterrand en 1985, et Angela Merkel, reçue par Emmanuel Macron en 2020. Les responsables français et allemands ont mis en avant un nouvel élan des relations depuis l'arrivée de Friedrich Merz à la chancellerie le 7 mai 2025.
Depuis l'investiture de Friedrich Merz, des rencontres et déplacements conjoints ont eu lieu : visite de Merz à Paris lors de son investiture, visite de Macron à Berlin en juillet 2025 et déplacements conjoints à Kiev (juin 2025), Washington (18 août 2025) et en Moldavie (fin août 2025).
Déroulement de la visite
Selon les comptes rendus, le chancelier allemand a été accueilli à Brégançon par le chef de l'État autour d'une table en extérieur avec leurs conseillers, suivi d'un dîner en tête‑à‑tête. La rencontre a été suivie le lendemain d'un conseil des ministres conjoint à Toulon, destiné à formaliser des accords et déclarations bilatéraux.
Sujets abordés
Les échanges ont porté sur plusieurs dossiers diplomatiques et stratégiques : garanties de sécurité pour l'Ukraine dans l'hypothèse d'un accord de paix avec la Russie, le dossier du nucléaire iranien, la situation à Gaza, ainsi que des thèmes économiques et de compétitivité européenne. Le conseil des ministres a ciblé la convergence des réformes économiques et sociales, ainsi que des enjeux de défense et de sécurité.
Enjeux et défis
Plusieurs contraintes ont été identifiées dans les analyses publiques :
- Instabilité politique en France, évoquée en lien avec la possible chute du gouvernement de François Bayrou sur un plan d'économies de 44 milliards d'euros.
- Divergences de situation budgétaire : des responsables ont cité des niveaux d'endettement différents entre les deux pays (mention d'environ 60 % du PIB pour l'Allemagne et d'environ 113 % pour la France dans des déclarations citées).
- Tensions internes en Allemagne au sein de la coalition de Friedrich Merz.
Des analystes ont émis des réserves quant à la capacité de cette dynamique bilatérale à résoudre des désaccords structurels ou à produire des résultats rapides sur l'ensemble des dossiers européens.
Projets en suspens
Le projet conjoint d'avion de combat du futur (Scaf), source récurrente de tensions industrielles entre les deux pays, a été mis en attente. Friedrich Merz a indiqué qu'une décision sur l'avenir du projet serait prise d'ici la fin de l'année.
Analyses et citations
Des experts cités dans les comptes rendus ont souligné la volonté des deux gouvernements de renforcer leur coopération face à des évolutions géopolitiques internationales, notamment des remises en cause de lignes d'alliance traditionnelles. Hélène Miard‑Delacroix, spécialiste des relations franco‑allemandes, a noté des éléments de convergence entre les deux dirigeants. Paul Maurice (Ifri) a exprimé des interrogations sur la portée à long terme de ce renouvellement de la relation.
Conclusion
La rencontre à Brégançon et le conseil des ministres à Toulon ont formalisé un effort bilatéral en vue d'une coopération renforcée entre la France et l'Allemagne sur des dossiers économiques, diplomatiques et de sécurité. Plusieurs contraintes nationales et projets techniques non résolus restent à traiter pour traduire ce réengagement en décisions opérationnelles.