Opération Horizon
Les autorités polonaises ont lancé « Opération Horizon » afin de renforcer la protection des infrastructures ferroviaires jugées critiques à la suite de deux incidents qualifiés de sabotages. L'objectif affiché est d'assurer la sécurité des lignes, de prévenir de nouvelles actions malveillantes et de garantir la continuité du transport, notamment des convois d'aide à destination de l'Ukraine.
Incidents signalés
À la mi-novembre, deux actes ont été signalés sur le réseau ferroviaire polonais. Le premier consistait en la découverte d'un obstacle en acier posé sur une voie, susceptible de provoquer le déraillement d'un train. Le second était l'explosion d'un engin de qualité militaire sur une voie utilisée pour l'acheminement d'aide vers l'Ukraine. Aucun de ces incidents n'a entraîné de blessés.
Le Premier ministre Donald Tusk a accusé le Kremlin, qualifiant ces actes de « terrorisme d'État ». Le ministre des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, a estimé que ces actions « auraient pu provoquer une catastrophe ferroviaire et la mort de nombreuses personnes ».
Mesures de sécurité et déploiement
Les autorités ont déployé un dispositif important, mobilisant jusqu'à 10 000 soldats appartenant notamment aux forces spéciales, à la Défense cybernétique et aux Forces de défense territoriale. Les missions incluent la surveillance des infrastructures, la détection d'objets laissés sans surveillance, la vérification des signaux signalés par le public et la prévention d'interférences sur les équipements ferroviaires.
L'opération est programmée pour durer au moins jusqu'au début mars. Les autorités encouragent les usagers et les personnels ferroviaires à signaler toute activité irrégulière ; selon un responsable militaire, « nos soldats vérifieront chaque signal ».
Enquête et poursuites
Les procureurs polonais ont indiqué avoir identifié deux ressortissants ukrainiens qu'ils accusent d'agir pour le compte des autorités russes. Selon les déclarations officielles, les suspects se seraient réfugiés au Bélarus. Un mandat d'arrêt a été émis par un tribunal polonais le 28 novembre.
Réactions et contexte
La présence de patrouilles et de militaires dans certaines gares, notamment en banlieue de Varsovie, a suscité des réactions mitigées parmi les usagers : certains se déclarent rassurés, d'autres restent inquiets quant à la persistance du risque. La Pologne, membre de l'OTAN et de l'Union européenne, est un pays de transit majeur pour l'aide et le matériel destinés à l'Ukraine. Depuis le début du conflit russe en Ukraine en 2022, Varsovie dénonce régulièrement des tentatives de sabotage et des actions relevant, selon elle, de la « guerre hybride ».








