Introduction
Le département d'État des États-Unis a annoncé fin août 2025 le refus et la révocation de visas pour des membres de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et de l'Autorité palestinienne (AP). Selon des responsables américains, la mesure concerne environ 80 personnes, dont le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. L'annonce a été faite à quelques semaines de la session annuelle de l'Assemblée générale des Nations unies prévue en septembre.
Décision américaine et motifs avancés
Les autorités américaines ont indiqué dans un communiqué que des visas avaient été révoqués ou refusés et ont lié cette décision à des considérations de sécurité nationale. Le département d'État a précisé que l'OLP et l'AP étaient tenues responsables, selon Washington, de n'avoir pas respecté certains engagements et d'avoir porté atteinte aux perspectives de paix, en citant notamment le recours aux voies judiciaires internationales et les démarches en faveur d'une reconnaissance unilatérale d'un État palestinien. Un porte-parole adjoint du département d'État a énuméré des conditions que, selon la Maison Blanche, l'AP et l'OLP devraient remplir pour être considérées comme partenaires des négociations.
Exemptions et statut de la mission palestinienne auprès de l'ONU
Le département d'État a indiqué que la mission permanente de l'Autorité palestinienne auprès des Nations unies à New York bénéficierait d'exemptions prévues par l'Accord sur les sièges des Nations unies (Headquarters Agreement), permettant à certains représentants de continuer leur activité diplomatique à New York. Les autorités américaines n'ont cependant pas précisé l'étendue exacte de l'application de la mesure à l'ensemble des responsables palestiniens.
Réactions internationales
Plusieurs capitales et responsables internationaux ont réagi à l'annonce. Le ministre français des Affaires étrangères a déclaré que le siège de l'ONU ne pouvait souffrir de restrictions d'accès. La haute représentante de l'Union européenne a demandé aux États-Unis de reconsidérer leur décision en invoquant le droit international. Des ministres d'autres pays européens ont exprimé leur désaccord et appelé à garantir la présence des représentants palestiniens lors des travaux onusiens. Le porte-parole du Secrétaire général des Nations unies a indiqué que le secrétariat espérait un règlement de la situation.
La présidence palestinienne a exprimé regret et étonnement, jugeant la décision incompatible avec le droit international et l'Accord sur les sièges, et a appelé les États-Unis à revenir sur leur décision.
Des responsables israéliens ont salué l'annonce des autorités américaines.
Contexte et précédents
Le refus de visas pour des dirigeants étrangers à l'approche d'une session de l'Assemblée générale a des précédents. En 1988, les États-Unis avaient refusé un visa à Yasser Arafat; l'Assemblée générale avait alors organisé une session spéciale à Genève pour permettre son intervention. En 2013, un refus de visa avait été opposé à Omar el-Béchir, alors président du Soudan, en lien avec un mandat d'arrêt émis par la Cour pénale internationale.
Implications pour l'Assemblée générale et points à suivre
La décision soulève des questions sur l'application du cadre juridique régissant l'accès au siège des Nations unies et sur la manière dont seront assurées la représentation et la participation des observateurs et délégations concernés lors de la session de l'Assemblée générale. Les autorités onusiennes et le département d'État ont indiqué vouloir chercher une solution. Les développements à court terme dépendront des échanges diplomatiques entre Washington, la délégation palestinienne et d'autres capitales impliquées.
Sources et éléments factuels cités
Les informations présentées se fondent sur les communiqués et déclarations rendus publics par le département d'État des États-Unis, par des représentants de l'Autorité palestinienne et par des porte-parole d'institutions et de gouvernements étrangers, ainsi que sur des références à précédents diplomatiques publiquement connus.