Résumé
François Bayrou, Premier ministre, a affirmé percevoir un mouvement d'opinion autour de la question de l'endettement et a annoncé qu'il engagerait sa responsabilité lors d'un vote de confiance à l'Assemblée nationale. Le Parlement a été convoqué en session extraordinaire pour une déclaration de politique générale. Les principaux chefs de partis ont été invités à Matignon ; la plupart des oppositions ont indiqué qu'elles ne voteraient pas la confiance ou qu'elles n'assisteraient pas aux réunions préparatoires. Des réactions de responsables économiques et des dirigeants de partis ont suivi ces annonces.
Déclarations du Premier ministre
Lors d'un discours devant le Medef, François Bayrou a déclaré être « persuadé » que la question de l'endettement « commence à travailler » dans l'opinion publique et a estimé que « tout peut bouger » d'ici au vote de confiance. Il a présenté la réalisation d'un effort budgétaire comme liée à un « impératif de justice » et a évoqué la nécessité d'une « contribution » des « plus favorisés », en précisant que cet effort ne devait pas « toucher à l'outil de travail » des entreprises.
Bayrou a expliqué qu'il n'avait pas mené de consultations étendues en août en raison des congés de responsables politiques, et a justifié le délai pris pour analyser un courrier reçu de Marine Le Pen.
Annonce du vote de confiance et convocation du Parlement
Le Premier ministre a annoncé qu'il solliciterait un vote de confiance à l'Assemblée nationale. Le décret de convocation du Parlement en session extraordinaire a été publié au Journal officiel, avec pour seul point inscrit à l'ordre du jour une « déclaration de politique générale », prévue en application de l'article 49, alinéa 1er de la Constitution.
Réponses des partis et stratégies d'opposition
- Rassemblement national (RN) : la direction du RN a déclaré que la « page Bayrou est tournée » et son président a estimé que le retour aux urnes, par dissolution ou démission, restait une solution possible.
- La France insoumise (LFI) : le coordinateur Manuel Bompard a annoncé que LFI n'irait pas à Matignon et qu'il refuserait la confiance lors de la séance parlementaire.
- Les Écologistes : leur secrétaire nationale a indiqué qu'ils pourraient boycotter la rencontre à Matignon et qu'ils seraient présents uniquement au vote du 8 septembre pour refuser la confiance.
- Parti socialiste (PS) : les dirigeants socialistes n'avaient pas formellement annoncé leur participation à la rencontre à Matignon. Le PS a qualifié le Premier ministre de « démissionnaire » selon certains responsables et a déclaré son hostilité à de nouvelles élections, tout en préparant un contre-budget basé sur des recettes supplémentaires demandant un effort aux plus aisés.
Le Premier ministre a indiqué qu'il recevrait les responsables de partis à partir de la semaine suivant ses annonces, en précisant qu'il était prêt à « ouvrir toutes les négociations nécessaires » à la condition d'un accord sur le niveau de l'effort budgétaire.
Positions gouvernementales et économiques
Le ministre de l'Économie, Éric Lombard, a affirmé qu'un retour de l'impôt sur la fortune (ISF) était « complètement écarté ». Des représentants du patronat, notamment le président du Medef, Patrick Martin, avaient exprimé leur opposition à un retour de l'ISF.
Éric Lombard a par ailleurs déclaré ne pas croire à une crise financière en France, malgré des réactions de marchés et de la Bourse liées aux incertitudes politiques et budgétaires.
Événements et débats publics
La tenue du discours du Premier ministre devant le Medef s'est inscrite dans le cadre de l'université d'été du patronat. La table ronde de clôture de cette université devait réunir un nombre significatif de chefs de partis pour un débat sur la situation économique.
Les dirigeants politiques et économiques ont utilisé ces rencontres pour échanger sur l'impact des annonces gouvernementales, le niveau de la dette et les mesures envisagées pour les finances publiques.
Enjeux et incertitudes
Les annonces ont placé la question du financement public et de l'endettement au centre du débat politique. Les principales incertitudes identifiées dans les déclarations publiques portent sur la possibilité d'obtenir un accord parlementaire pour mener l'effort budgétaire souhaité, la stratégie éventuelle en cas de rejet du gouvernement par l'Assemblée et les conséquences économiques de l'impasse politique.
Sources et observations
Les éléments de cet article sont tirés des déclarations publiques du Premier ministre, des communiqués et prises de position des partis politiques concernés, et de déclarations de responsables économiques présentés lors de l'événement du Medef et de l'université d'été du patronat.