L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été gracié par le président algérien Abdelmadjid Tebboune et transféré en Allemagne pour y recevoir des soins médicaux.
Contexte judiciaire
Boualem Sansal a été arrêté le 16 novembre 2024 à son arrivée à Alger. Il a été condamné en première instance le 27 mars 2025 par le tribunal de Dar El Beïda à une peine de cinq ans d'emprisonnement et à une amende, décision confirmée en appel le 1er juillet 2025. Les poursuites retenues contre lui incluaient notamment des chefs tels que « atteinte à l'unité nationale » et d'autres infractions prévues par l'article 87 bis du code pénal algérien. L'auteur avait renoncé à un pourvoi en cassation, ce qui le rendait éligible à une grâce présidentielle.
Demande de grâce et rôle de l'Allemagne
Le 10 novembre 2025, le président allemand Frank-Walter Steinmeier a formellement adressé une demande de grâce au président algérien. La présidence algérienne a indiqué que la demande avait été examinée et retenue pour des motifs d'ordre humanitaire. Les autorités allemandes ont pris en charge le transfert et l'organisation des soins médicaux.
Transfert et prise en charge médicale
La mesure de grâce a été annoncée le 12 novembre 2025. Boualem Sansal a été transporté vers l'Allemagne à bord d'un appareil militaire allemand et est arrivé à Berlin dans la soirée du même jour. Il a été conduit vers un établissement hospitalier en Allemagne pour y recevoir des traitements. Les autorités allemandes ont précisé qu'il devait rester hospitalisé quelques jours et qu'il bénéficierait de visites de proches.
Réactions politiques en France
Plusieurs responsables politiques français ont réagi suite à l'annonce de la grâce. Le président de la République a remercié les autorités algériennes et allemandes et a indiqué avoir échangé avec Boualem Sansal. Le Premier ministre a exprimé son soulagement et a remercié ceux qui ont contribué à la libération, évoquant une démarche menée dans le calme et le respect.
Des parlementaires de différents bords ont également commenté l'événement. Des élus de la majorité et de l'opposition ont salué la libération de l'écrivain. Certains, principalement à gauche, ont critiqué la stratégie d'un ancien ministre de l'Intérieur, estimant qu'une ligne plus ferme vis-à-vis d'Alger avait pu être contre-productive. Des députés ont aussi rappelé la situation d'autres ressortissants français détenus en Algérie.
Cas du journaliste Christophe Gleizes et dossiers en suspens
Le journaliste Christophe Gleizes, condamné en Algérie à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme", demeurait détenu et faisait l'objet d'appels à l'attention des autorités algériennes. Des responsables et observateurs diplomatiques ont indiqué que la grâce accordée à Boualem Sansal pourrait contribuer à un apaisement des relations entre Paris et Alger, mais que d'autres dossiers restaient en suspens, notamment les expulsions administratives, les laissez-passer consulaires et la présence d'ambassadeurs.
Enjeux diplomatiques
Les autorités françaises ont salué le rôle des autorités allemandes comme tiers de confiance dans cette médiation. Des analyses diplomatiques ont souligné que la grâce et le transfert s'inscrivent dans un contexte de tensions entre la France et l'Algérie et qu'ils ouvrent la possibilité d'engager des discussions sur l'ensemble des dossiers bilatéraux encore non résolus.








