Présentation et contexte
Le 30 août 2025, au dernier jour des universités d'été du Parti socialiste (PS) à Blois, le PS a présenté un projet de budget alternatif. Le parti s'est déclaré "volontaire" pour prendre la relève du Premier ministre François Bayrou et a indiqué qu'il ne voterait pas la confiance au gouvernement lors du vote prévu le 8 septembre 2025.
Objectifs généraux
Le projet vise à proposer une trajectoire de réduction du déficit public et des mesures de politique économique et sociale distinctes de celles présentées par le gouvernement. Les responsables socialistes ont positionné ce plan comme une alternative axée sur l'investissement et la justice fiscale.
Principales mesures budgétaires
- Réduction du déficit : le PS propose une réduction du déficit de 21,7 milliards d'euros en 2026, visant un déficit de 5 % du produit intérieur brut (PIB) pour 2026, contre 4,6 % visé par le gouvernement, et un retour sous la barre de 3 % à l'horizon 2032 plutôt qu'en 2029.
- Composition des efforts : le plan prévoit 14 milliards d'euros d'économies « sans mettre à contribution les travailleurs et les services publics » et 26,9 milliards d'euros de recettes nouvelles, censées peser principalement sur les grandes fortunes et les entreprises.
- Investissement et dépenses ciblées : 19,2 milliards d'euros seraient consacrés à l'investissement, au soutien du pouvoir d'achat et au financement de la suspension immédiate de la réforme des retraites.
- Retraites : le PS propose la suspension immédiate de la réforme des retraites en vigueur et le rétablissement d'un âge légal de départ à la retraite à 62 ans, contre 64 ans actuellement.
- Fiscalité et mesures redistributives : proposition d'une baisse ciblée de la contribution sociale généralisée (CSG) pour les salaires jusqu'à 1,4 Smic, compensée par la création d'une taxe dite « taxe Zucman » de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d'euros, estimée à environ 15 milliards d'euros de recettes.
- Autres positions : rejet de la proposition gouvernementale de suppression de deux jours fériés.
Justifications et références citées
Les porte-parole du PS ont présenté ces mesures comme visant à réduire le déficit sans aggraver la situation des classes populaires et moyennes et en maintenant un niveau d'investissement. La taxe sur les très hauts patrimoines a été présentée comme inspirée des travaux de l'économiste Gabriel Zucman.
Dimension politique et alliances
- Vote de confiance : le PS a indiqué qu'il ne voterait pas la confiance au Premier ministre François Bayrou lors du scrutin prévu le 8 septembre 2025 et demande au président de la République la nomination d'un Premier ministre issu de la gauche.
- Leadership et candidatures : le premier secrétaire Olivier Faure a exprimé la disposition du parti à gouverner et a évoqué une autre manière de gouverner, notamment en s'engageant à ne pas utiliser l'article 49.3. Le chef du groupe PS à l'Assemblée, Boris Vallaud, a présenté les grandes lignes du budget.
- Construction d'une majorité : les responsables socialistes ont déclaré qu'ils chercheraient des soutiens parmi des députés venus d'un front républicain et ont évoqué la reprise de certaines propositions issues d'un rapport de René Dosière visant à réduire des avantages jugés indus.
- Position vis-à-vis des autres formations de gauche : le PS a indiqué vouloir constituer un gouvernement rassemblant plusieurs composantes de la gauche, en excluant les députés de La France insoumise (LFI) selon les déclarations rendues publiques. D'autres formations écologistes, des anciens Insoumis et Générations ont en revanche plaidé pour une union reprenant la composition du Nouveau Front populaire (NFP) de 2024, incluant LFI. Le leader de Place publique a également exclu une alliance avec LFI.
Suites et calendrier politique immédiat
Le Premier ministre François Bayrou était programmé pour des interventions médiatiques et des consultations avec les partis politiques à Matignon dans la période suivant la présentation du plan. Le PS a indiqué qu'en cas d'incapacité à faire émerger un budget, la dissolution de l'Assemblée nationale resterait une option évoquée par certains acteurs de gauche.
Notes complémentaires
Les montants et les horizons présentés par le PS constituent des propositions politiques. Les chiffrages et les calendriers ont été présentés par les dirigeants du parti lors des universités d'été et doivent être soumis à examen et discussion parlementaire pour être mis en œuvre.