Résumé
Le rapport annuel Air Quality Life Index (AQLI) de l'université de Chicago, fondé sur des données satellitaires, évalue les concentrations mondiales de particules fines (PM2,5) et traduit ces niveaux en perte d'années d'espérance de vie. L'analyse met en relation des hausses récentes de PM2,5 en Amérique du Nord avec des saisons d'incendies étendues et situe ces évolutions par rapport aux tendances régionales et mondiales.
Méthodologie et période couverte
L'AQLI utilise des observations satellitaires combinées à des modèles d'exposition et de risque pour estimer les concentrations annuelles de PM2,5 (particules de diamètre ≤ 2,5 µm) et les traduire en impacts sur l'espérance de vie. Les données examinées couvrent la période 1998–2023.
Principaux résultats pour l'Amérique du Nord
La saison d'incendies de 2023 au Canada a été associée à une augmentation de plus de 50 % des niveaux de PM2,5 par rapport à 2022. Les États-Unis ont enregistré une hausse d'environ 20 % sur la même période.
En 2023, plus de la moitié des Canadiens ont été exposés à des concentrations annuelles moyennes de PM2,5 supérieures à la norme nationale de 8,8 µg/m3, contre moins de 5 % au cours des cinq années précédentes.
Les régions canadiennes les plus touchées en 2023 sont les Territoires du Nord-Ouest, la Colombie-Britannique et l'Alberta. Dans certaines zones, les niveaux de PM2,5 ont atteint des valeurs comparables à celles observées dans des régions fortement exposées d'autres continents.
Des masses d'air chargées de fumée ont entraîné des épisodes de pollution notable dans plusieurs États américains peu habitués à de fortes concentrations de PM2,5, notamment le Wisconsin, l'Illinois, l'Indiana et l'Ohio.
Impact sur la santé et espérance de vie
L'AQLI exprime l'impact de l'exposition aux particules fines en années d'espérance de vie perdues. Pour certaines régions affectées par les incendies et les niveaux élevés de PM2,5, l'étude indique des réductions d'espérance de vie pouvant aller jusqu'à deux ans.
Les auteurs rappellent que les particules fines constituent une menace majeure pour la santé publique à l'échelle mondiale, en contribuant aux maladies cardiovasculaires et respiratoires, entre autres.
Tendances régionales et mondiales
À l'échelle mondiale, la concentration moyenne de PM2,5 est passée de 23,7 µg/m3 en 2022 à 24,1 µg/m3 en 2023.
La valeur moyenne mondiale reste nettement supérieure à la recommandation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), fixée à 5 µg/m3 pour les concentrations annuelles de PM2,5.
Certaines régions ont connu des augmentations en 2023 : l'Asie du Sud (+2,8 %) et la Chine (+2,8 % après une décennie de baisse). L'Amérique latine a atteint en 2023 son niveau de PM2,5 le plus élevé depuis 1998, la Bolivie étant parmi les pays les plus touchés.
D'autres zones affichent des baisses : l'Union européenne a réduit ses niveaux d'environ 6 %, et l'Afrique centrale et de l'Ouest a enregistré une baisse d'environ 8 % selon les estimations présentées.
Sources et limites
Les résultats présentés proviennent du rapport AQLI et de comptes rendus médiatiques s'en inspirant. Les estimations reposent sur des données satellitaires et des modèles qui comportent des incertitudes : interpolation spatiale, attribution précise des sources d'émission (incendies, activités anthropiques) et sensibilité des modèles d'exposition. Les chiffres doivent être interprétés dans ce contexte.
Conclusion
Les éléments synthétisés indiquent une augmentation des concentrations de particules fines en Amérique du Nord liée à des saisons d'incendies importantes en 2023, avec des répercussions mesurables sur l'espérance de vie dans les zones les plus exposées. Les tendances globales restent hétérogènes selon les régions, avec des augmentations dans certaines zones et des diminutions dans d'autres.