Contexte
Un assassinat survenu le 13 novembre 2025 à Marseille a suscité des réactions des autorités et des déplacements ministériels. La victime, Mehdi Kessaci, a été décrite par le parquet comme victime d’un meurtre pouvant relever d’un objectif d’intimidation. Amine Kessaci, frère de la victime et militant opposé au narcotrafic, a appelé à des actions concrètes et à une mobilisation publique.
Réunion d’urgence à l’Élysée
Le président de la République a tenu une réunion d’urgence à l’Élysée rassemblant des membres du gouvernement et des magistrats spécialisés pour définir une orientation d’action. Y ont participé des ministres, des magistrats spécialisés, le procureur de la République de Marseille et le directeur national de la police judiciaire. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a qualifié l’assassinat de « crime d’intimidation » et a estimé que l’événement constituait un « point de bascule ». Le ministre de l’Intérieur et le garde des Sceaux ont été désignés pour se rendre à Marseille pour assurer le suivi opérationnel. Gérald Darmanin a participé à une partie de la réunion en visioconférence depuis les Émirats arabes unis.
Déplacements et réunions à Marseille
Les ministres de l’Intérieur et de la Justice se sont rendus à Marseille le 20 novembre 2025. Leur programme a inclus des rencontres avec des magistrats, des responsables de la sécurité des Bouches-du-Rhône, des représentants des forces de l’ordre et des visites au centre pénitentiaire des Baumettes. Une rencontre avec la famille de la victime était prévue.
Déclarations et mesures annoncées
Les autorités ont annoncé un renforcement des dispositifs de lutte contre le narcotrafic, comprenant un renforcement des échanges d’information, la création d’un état-major dédié, des techniques nouvelles de renseignement et la possibilité de gel administratif d’avoirs. Les ministres ont présenté la mobilisation des moyens judiciaires et policiers sur le modèle des dispositifs antiterroristes.
Les ministres ont indiqué l’ouverture d’enquêtes visant des agents susceptibles d’avoir été corrompus et la mise en place de protections pour les personnes menacées. Des renforts pour Marseille, dont des magistrats et des greffiers, ont été annoncés sans détail chiffré.
La loi dite « narcotrafic », promulguée en juin, a été désignée comme cadre juridique permettant d’intensifier les moyens d’enquête et d’action. Dans ce cadre, un parquet national dédié à la lutte contre la criminalité organisée et le narcotrafic doit être créé, sur le modèle d’autres parquets nationaux, afin de traiter les dossiers les plus graves et complexes.
Chiffres et constats opérationnels
Les responsables ont cité des éléments chiffrés relatifs à la lutte contre le trafic : environ 2 000 personnes mises en examen pour des faits liés au trafic dans la région de Marseille et 900 personnes placées en détention provisoire. Les autorités ont également présenté une baisse des homicides liés au trafic, évoquant une réduction d’environ 30 % selon leurs évaluations.
Le centre pénitentiaire des Baumettes a été signalé pour sa surpopulation carcérale. Une extension dite « Baumettes 3 » a été évoquée pour accroître les capacités du site.
Enquête et suites judiciaires
L’enquête sur l’assassinat a été transférée à la juridiction nationale compétente pour les affaires de criminalité organisée. La saisine de la juridiction nationale de lutte contre le crime organisé a été annoncée pour assurer la conduite des investigations et le suivi judiciaire. Des propositions judiciaires visant à renforcer la protection des acteurs judiciaires, notamment par l’anonymisation de certaines procédures impliquant des membres de réseaux organisés, ont été évoquées.
Réactions politiques et sociales
L’affaire a alimenté le débat politique local et national. Des responsables politiques ont demandé des mesures fortes, certains réclamant un renforcement exceptionnel des moyens de l’État. Des mobilisations publiques ont été annoncées par la famille et des soutiens locaux, dont une marche dite « blanche ». Le thème de la sécurité et de la lutte contre le narcotrafic a été invoqué dans la campagne municipale en cours.








