Contexte
Les autorités américaines ont diffusé un document en 28 points présenté comme un cadre de négociations visant à mettre fin au conflit né de l'invasion russe lancée en février 2022. Le texte reprend des demandes formulées par Moscou et propose en parallèle des garanties de sécurité occidentales pour l'Ukraine.
Contenu du plan
Le document propose notamment :
- la reconnaissance de facto par certains États de la Russie des territoires contrôlés par Moscou, incluant les régions de Donetsk et Louhansk et la Crimée ;
- la cession à la Russie de territoires supplémentaires actuellement sous contrôle ukrainien, selon les termes du texte ;
- un engagement constitutionnel ukrainien d’abandonner toute perspective d’adhésion à l'OTAN ;
- une limitation des effectifs des forces armées ukrainiennes à 600 000 militaires ;
- des garanties de sécurité pour l'Ukraine reposant sur des mesures occidentales, incluant une protection par des avions de combat européens basés en Pologne et un engagement de ne pas stationner de troupes de l'OTAN sur le sol ukrainien ;
- la réintégration progressive de la Russie au sein du G8 et la levée progressive des sanctions occidentales.
Le texte est présenté par Washington comme un "cadre pour des négociations" et est susceptible d'évolutions selon les interlocuteurs impliqués.
Pourparlers à Genève
Des responsables ukrainiens, américains et européens se sont réunis à Genève pour examiner le plan et discuter d'éventuels ajustements. Les réunions se sont tenues dans la mission diplomatique américaine à Pregny-Chambésy. La délégation américaine comprenait le secrétaire d'État Marco Rubio, l'envoyé spécial Steve Witkoff et le secrétaire à l'Armée Daniel Driscoll. Des représentants supplémentaires américains présents lors des échanges ont été signalés, notamment Jared Kushner et le général Alexus Grynkewich. La délégation ukrainienne était conduite par le chef de la présidence Andriï Iermak.
La Maison-Blanche a qualifié les discussions à Genève de "constructives" et d'un "pas en avant significatif". Un communiqué conjoint entre les États-Unis et l'Ukraine indique que les pourparlers ont été productifs et précise que les deux parties ont rédigé une version affinée du cadre proposé. Ce même communiqué réaffirme que tout accord futur devra pleinement respecter la souveraineté de l'Ukraine.
Des conseillers à la sécurité nationale de la France, du Royaume-Uni, de l'Allemagne et de l'Italie, ainsi que des représentants de l'Union européenne, ont participé aux discussions. Les Européens ont soumis une version modifiée du plan américain, destinée à préserver des garanties de sécurité pour l'Ukraine.
Organisation de la délégation ukrainienne
Le président ukrainien a signé un décret constituant la délégation chargée des négociations avec les États-Unis et d'autres partenaires. La délégation est menée par Andriï Iermak et comprend notamment Roustem Oumerov, les responsables des services de sécurité et de renseignement et le chef d'état-major, selon le décret présidentiel.
Réactions des acteurs
La Russie a déclaré que le texte pouvait servir de base à un règlement et s'est dite prête à discuter des détails. Des dirigeants et responsables de pays européens ont estimé que le plan nécessitait des ajustements et qu'il convenait d'impliquer Kiev et les alliés européens dans les négociations afin de renforcer les éléments de dissuasion et la sécurité ukrainienne. Un groupe de pays réunis au sommet du G20 a jugé que le document demanderait un travail supplémentaire pour éviter que l'Ukraine ne reste vulnérable à de futures attaques.
Le président ukrainien a indiqué qu'il proposerait des alternatives au texte présenté par les États-Unis, en lien avec les contraintes internes et militaires rencontrées par l'Ukraine. Des responsables ukrainiens ont qualifié les discussions de productives et ont salué des progrès dans l'élaboration d'une version affinée du cadre.
Au sein des États-Unis et de la communauté internationale, des interrogations ont été soulevées sur l'origine et la formulation de la version initiale du plan. Plusieurs médias et certains élus ont noté des tournures linguistiques et des formulations atypiques et ont suggéré que des éléments du document pourraient provenir d'une traduction. Le secrétaire d'État Marco Rubio a nié que le plan ait été rédigé par d'autres parties et a précisé que le document constituait un point de départ susceptible d'évolution.
Le président américain a annoncé une échéance pour une réponse ukrainienne, tout en précisant que la proposition n'était pas une offre définitive.
Sur le plan économique, les discussions ont entraîné des réactions sur les marchés : les valeurs européennes du secteur de la défense ont reculé, avec des pertes signalées pour plusieurs grands groupes, ce qui a été interprété comme une conséquence des perspectives d'avancée vers un accord.
Enjeux et implications
Les points centraux des discussions portent sur la souveraineté territoriale, les garanties de sécurité, la levée des sanctions et le statut futur des relations entre l'Ukraine, la Russie et l'OTAN. Les éléments proposés dans le document soulèvent des questions sur la protection militaire effective de l'Ukraine, la portée des concessions territoriales et les modalités de réintégration de la Russie dans des institutions internationales. Les délégations impliquées ont indiqué la nécessité d'ajustements et de clarifications avant toute décision finale.
En cas de divergence entre sources sur l'origine ou la formulation du document initial, les informations contradictoires ont été rapportées et demeurent sujettes à vérification.








