Résultats trimestriels
Le taux de chômage en France, mesuré selon la définition du Bureau international du travail (BIT), s'établit à 7,7 % de la population active pour le troisième trimestre 2025. Il progresse de 0,1 point par rapport au trimestre précédent. L'estimation du deuxième trimestre a été révisée à la hausse, de 7,5 % à 7,6 %.
Le nombre de chômeurs au sens du BIT atteint 2,4 millions de personnes, soit une augmentation de 44 000 par rapport au trimestre précédent.
Évolutions annuelles et repères historiques
Sur un an, le taux de chômage augmente de 0,3 point. Il demeure inférieur de 2,8 points au pic observé à mi-2015. La tendance légèrement haussière se prolonge depuis environ deux ans et demi, après une longue période de repli entre mi-2015 et fin 2022.
Des évolutions récentes du volume d'emploi salarié ont montré, au moment de la publication des statistiques, plusieurs trimestres consécutifs de recul du volume d'emploi salarié après près de quatre années de hausse. Certaines analyses relient cette évolution à la diminution de certaines aides à l'apprentissage.
Par tranches d'âge et situation des jeunes
Le taux de chômage des 15-24 ans diminue de 0,2 point sur le trimestre pour s'établir à 18,8 %, soit une baisse de 0,8 point sur un an. En revanche, le taux de chômage des 50 ans ou plus augmente, atteignant 5,1 %, avec une hausse annuelle de 0,4 point.
La part des 15-29 ans qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études (NEET) recule de 0,2 point sur le trimestre pour atteindre 12,5 %, mais reste supérieure de 0,3 point à son niveau un an auparavant et à son niveau de fin 2019.
Des analyses signalent que la baisse du taux de chômage des jeunes coexiste avec une baisse du taux d'emploi de cette tranche d'âge, ce qui peut résulter soit d'un retour à la scolarité, soit d'une sortie de la population active.
Halo du chômage et population inactive
Le halo autour du chômage, constitué des personnes souhaitant un emploi mais ne recherchant pas activement ou n'étant pas immédiatement disponibles, demeure proche de 1,9 million et augmente de 13 000 personnes sur le trimestre.
Contexte économique et fermetures d'entreprises
Plusieurs annonces de fermetures de sites et de plans sociaux intervenues à la fin de 2024 ont été citées comme facteurs de contexte pouvant peser sur l'emploi dans certains secteurs.
Prévisions et perspectives institutionnelles
Plusieurs institutions publient des scénarios différenciés pour l'évolution du chômage. La Banque de France a présenté des anticipations de taux de chômage moyen proches de 7,5 % pour 2025, 7,6 % pour 2026 et 7,4 % pour 2027. L'Insee a indiqué une projection de hausse à 7,6 % d'ici la fin de 2025. L'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) a publié un scénario prévoyant une progression du chômage jusqu'à 7,6 % en 2025 et 8,0 % en 2026.
Ces projections reflètent des incertitudes sur l'évolution de l'activité économique et sur les délais avec lesquels l'emploi réagit aux variations de la croissance.
Comparaisons internationales
La France se situe dans la moyenne haute des pays de la zone euro, où le taux de chômage est de 6,3 %. L'Allemagne présente un taux de chômage plus faible, autour de 3,9 %, et un taux de chômage des jeunes notablement inférieur à celui de la France (environ 6,7 % en Allemagne selon les sources citées).
Méthodologie et différences de comptage
L'Insee applique la méthodologie du BIT pour établir le taux de chômage. Selon cette définition, est considéré comme chômeur toute personne de 15 ans ou plus qui n'a pas travaillé durant la semaine de référence, est disponible pour travailler dans les deux semaines et a recherché activement un emploi durant le mois précédent ou a trouvé un emploi qui commencera dans les trois mois. Cette approche diffère des mesures fondées sur les inscriptions à Pôle emploi ou France Travail, qui incluent des personnes inscrites mais pas nécessairement immédiatement disponibles ou en recherche active.
Analyses et réactions
Des responsables publics ont qualifié la situation de globalement stable en relevant la baisse du chômage des jeunes et la progression de l'emploi en CDI. Le ministre du Travail a souligné la baisse du taux de chômage des jeunes et la diminution de la part des jeunes NEET.
Des économistes et observateurs ont mis en garde contre des phénomènes de sortie de la population active et de baisse du taux d'emploi salarié dans certains segments du marché du travail. Certains ont indiqué que la baisse du chômage chez les jeunes peut correspondre à des retours en scolarité ou à des sorties de la population active, et non uniquement à des gains d'emploi.
Les analyses mentionnent également des éléments structurels, tels que des gains de productivité et la réduction de certaines aides publiques, susceptibles d'influencer l'emploi à court et moyen terme.








