Synthèse
Le 29 août, les huit principales confédérations syndicales françaises (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU, Solidaires) ont annoncé la tenue d'une journée de mobilisation nationale, « y compris par la grève et la manifestation », en réaction au projet de budget présenté par le gouvernement. Les organisations ont fixé cette journée au 18 septembre. Des déclarations et réactions politiques ont été formulées par le Premier ministre et d'autres responsables politiques.
Décision intersyndicale et message public
Lors d'une conférence de presse, la représentante de la CFDT a lu le communiqué commun de l'intersyndicale, estimant que le projet de budget devait être abandonné et qualifiant certaines mesures de « brutalité sans précédent ». Les organisations ont exprimé leur volonté d'organiser une mobilisation commune afin de porter des revendications sociales et fiscales.
Positionnement sur le mouvement du 10 septembre
Les confédérations sont restées divisées sur l'appel informel à "bloquer" le pays le 10 septembre :
- La CFDT a indiqué qu'elle n'appuyait pas l'appel du 10 septembre, précisant que « tout bloquer, la désobéissance, ce n'est pas la méthode CFDT ».
- La CGT a dit vouloir faire du 10 septembre « une première étape » et a annoncé sa participation pour construire la grève dans les entreprises.
- Solidaires a appelé à soutenir le mouvement du 10 septembre.
- La CFE-CGC a critiqué l'appel du 10 septembre, le qualifiant d'origine « nébuleuse » selon son président François Hommeril.
- Force Ouvrière s'est tenue « à distance » du 10 septembre dans certaines prises de parole, puis a annoncé l'appel à la mobilisation du 18 septembre et, pour son secrétaire général Frédéric Souillot, la possibilité d'une grève reconductible.
Revendications proclamées par les syndicats
Les organisations ont formulé des revendications communes ou partagées lors de la réunion : justice fiscale, financements accrus pour les services publics, augmentations de salaires et abrogation de la réforme des retraites. Le communiqué a également mentionné plusieurs mesures retenues dans le projet gouvernemental (suppression de jours fériés, coupes dans les services publics, modifications du droit du travail, réforme de l'assurance chômage) comme motifs de contestation.
Calendrier politique et contexte
Le Premier ministre a annoncé qu'il se soumettrait à un vote de confiance à l'Assemblée nationale prévu le 8 septembre. Les syndicats ont indiqué que, même en cas de changement de gouvernement après ce vote, un budget respectant des exigences de justice sociale et fiscale resterait nécessaire.
Le 29 août, le Premier ministre s'est exprimé lors de l'inauguration de la foire agricole de Châlons-en-Champagne, évoquant la question de la dette et son impact sur les jeunes et les générations futures. Des responsables politiques de partis de gauche ont appelé à « préparer la suite » et certains ont exprimé qu'ils souhaiteraient être sollicités pour gouverner en cas de chute du gouvernement.
Mobilisations sectorielles et préavis
Plusieurs appels à la grève et préavis existaient déjà :
- Le syndicat majoritaire des contrôleurs aériens a appelé à la grève le 18 septembre.
- La fédération Mines-Énergie de la CGT a appelé à la grève à partir du 2 septembre.
- Des mobilisations sectorielles (taxis) prévoyaient un démarrage début septembre.
- FO a déposé un préavis de grève couvrant le mois de septembre.
Incertitudes et suite possible
Les syndicats ont programmé la journée de mobilisation du 18 septembre comme action coordonnée sur l'ensemble du territoire. Les organisations restent toutefois divisées sur les modalités et les dates d'actions antérieures ou complémentaires, notamment sur le mouvement informel du 10 septembre. La tenue d'un vote de confiance prévu le 8 septembre et l'éventuelle évolution de la composition du gouvernement constituent des facteurs susceptibles d'influer sur le calendrier des mobilisations et sur les interlocuteurs des organisations syndicales.
Sources
Synthèse à partir des communications publiques des organisations syndicales et des déclarations du Premier ministre et de responsables politiques rapportées par des dépêches et comptes rendus de réunions publiés le 29 août.